Les 4 styles d’attachement: définition

Du fait de notre nature animale, nous sommes biologiquement programmés pour nous attacher aux autres et ce dès la naissance  » un bébé seul n’existe pas » écrivait Donal WINNICOTT. En effet un bébé humain ne peut survivre sans un adulte s’occupant de ses besoins primaires de nourriture et de sécurité, et cela inclut ses besoins affectifs. Cette relation d’attachement primaire lui permet de bien de développer tant physiquement que psychiquement.

Connaitre son script de style d’attachement constitue, je le pense, un indispensable lorsque l’on travaille dans le social. Pouvoir identifier celui qui est à l’œuvre pour l’Autre que l’on accompagne est aussi important . Afin d’organiser au mieux la « danse » relationnelle.

On repart à l’initial en 1958, grâce aux travaux de recherche de John BOWLBY , psychiatre. Ce dernier déclare : – « When he is born, an infant is far from being a tabula rasa » ( quand il naît, un nourrisson est loin d’être un tabula rasa). Selon la qualité des relations vécues avec nos parents, nous avons développé pendant l’enfance, une certaine façon d’être au monde, d’être avec les autres et d’être avec soi-même, émotionnellement. Ces façons de fonctionner sont appelées styles d’attachements. BOWLBY a catégorisé 4 styles d’attachement décrivant notre manière d’interagir avec soi-même et avec l’autre.

De nos jours, l’attachement permet d’éclairer nos liens de proximité et de soutien avec nos proches, nos parents en premier lieu pendant l’enfance, puis avec nos amours et ami(e)s proches ou encore nos enfants à l’âge adulte.

Les 4 styles d’attachements distingués sont :

  • l’attachement sécure (50% à 60% de la population*)
  • l’attachement évitant/craintif ( 25%)
  • l’attachement anxieux/fusionnel (20% )
  • l’attachement désorganisé/chaotique ( 5%)

*étude de C HAZAN et P R SHAVER, Romantic love conceptualized as an attachment process journal of personality and social psychology, 52,1987, p 511-524

Saviez-vous que 80% des soignants et professionnels œuvrant dans l’accompagnement tous métiers confondus, ont un style d’attachement insécure?*

*chiffre communément admis chez les théoriciens de l’attachement. Dr Nicole GUEDENEY enseignant le DU L’attachement à Paris 7, l’évoque dans ses cours.

L’enfant naît avec 100 000 milliards de neurones, qui ne sont pas connectés les uns aux autres. c’est grâce à la première relation que tous les circuits se mettent en place petit à petit. On sait maintenant que le contact physique, la voix, le toucher, une bonne écoute des besoins de l’enfant et la présence de la mère vont lui permettre de construire des réseaux qui transmettent l’information du cerveau au reste de l’organisme. Cela lui permet aussi d’apprendre à gérer le stress et les émotions fortes. le fonctionnement cognitif de l’enfant va se développer au sein de ce creuset relationnel.

1. Je vis la relation en confiance: le SECURE

L’attachement sécure caractérise les personnes ayant eu un environnement général, suffisamment sécurisant dans l’enfance pour favoriser une manière d’être au monde relativement stable et adaptée au niveau émotionnel, cognitif et comportemental.

4 caractéristiques ont été décrites pour une figure d’attachement sécurisante:

  • la force: le parent est une base de sécurité physique pour son enfant.
  • la sagesse: le parent peut accompagner son enfant en posant sur lui un regard d’adulte doté d’une vision du monde adaptée, réaliste et plutôt positive.
  • la sécurité affective: le parent représente un refuge, un havre de sécurité vers lequel l’enfant se tourne lorsqu’il est en détresse.
  • le soutien au développement: le parent permet la construction de l’individualité de l’enfant et ses capacités à explorer le monde.

Un enfant sécure est un enfant qui est en capacité d’exprimer ses besoins de soutien et de proximité. Pour que le processus d’autonomisation se fasse de manière sereine, il est nécessaire pour l’enfant ou l’adolescent de sentir qu’en cas de difficulté ou de stress, qu’il pourra revenir vers son parent qui saura l’accueillir et répondre à ses besoins de réassurance.

Le système d’exploration ne se résume pas seulement à la découverte physique du monde extérieur. Il inclut aussi les processus d’analyse et de compréhension de ce que l’individu vit, ressent et pense. L’enfant acquerra auprès de ses figures d’attachements une capacité à MENTALISER de manière adaptée qui se manifeste dans des interprétations plutôt justes des situations ou des associations mentales entre les évènements.

2. Je vis la proximité comme une menace: l’EVITANT/le CRAINTIF ( style insécure)

 » je ne peux compter que sur moi-même »

L’enfant insécure évitant va s’éloigner émotionnellement de lui-même et du monde pour se protéger. C’est un mécanisme de défense qui lui permet de faire face durant leur enfance, voire de survivre dans un contexte où les émotions n’avaient pas leur place. La majorité des évitants a grandi avec des parents peu présents physiquement et psychiquement et plutôt rejetant. lorsque l’enfant recherchait leur proximité dans des moments de stress, il ne recevait pas le réconfort nécessaire, voire même était jugé et rejeté. A force d’expérience répétées de ce type, il a intégré l’idée que ses émotions n’étaient ni valables ni montrables et qu’il valait mieux finalement se débrouiller seul pour contrôler sa détresse intérieure.

L’enfant évitant développe ainsi une habitude à désactiver son système d’attachement, c’est à dire à minimiser ses émotions et ses besoins relationnels. Ce faisant il reproduit le mode évitant que l’on retrouve souvent chez ses figures d’attachements qui ont elles-mêmes vécu la même chose. On retrouve ainsi cet abord rigide et distancié des émotions dans l’ambiance familiale. où les différents membres s’accordent pour jouer une symphonie implicite de contrôle émotionnel.

Les conséquences:

  • anxiété
  • minimiser ses émotions et ses besoins relationnels
  • froideur et distance: être détaché de soi et des autres
  • estime de soi basse
  • manque d’assurance et d’amour de soi

Comment transformer cette blessure d’attachement? J’ai rédigé un second article: https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/04/05/les-4-styles-dattachements-boite-a-outils-pour-aller-mieux/

3. J’ai peur de perdre l’autre: l’ANXIEUX/le FUSIONNEL ( style insécure)

 »Au secours soyez là pour moi! »

La personne avec un attachement anxieux a un grand besoin de proximité pour être rassurée et réconfortée. Elle a besoin de sentir le soutien physique et psychique de quelqu’un auprès d’elle pour diminuer son anxiété. En effet, elle n’a pas fait l’expérience, étant enfant de sentir ses parents présents pour elle de façon permanente et stable et donc à l’âge adulte, toute distanciation d’avec ceux qui comptent est vécue comme difficile, voire impossible dans certains cas. L’anxieux n’a pas vécu suffisamment d’expériences sécurisantes avec ses parents dans lesquelles il a pu sentir qu’ils étaient là pour lui quoi qu’il arrive, qu’ils protégeaient et veillaient sur lui de manière constante, en prenant en compte de manière adaptée ses besoins. Souvent ses parents ont eux mêmes un attachement anxieux et n’ont pu préserver leur enfant de leur propre anxiété quant au monde général.

Face à des parents peu cohérents, plutôt instables car vite débordés par leur propres émotions, et parfois trop protecteurs, qui ont eu tendance à lui transmettre une peur du monde extérieur et de l’avenir, l’enfant a opté inconsciemment pour une stratégie dite d’hyperactivation de son système d’attachement: il a maximisé ses comportements d’attachements afin d’alerter ses figures d’attachements pour recevoir leur attention…

Les conséquences:

  • l’anxiété
  • l’ambivalence ( la mise en échec pour aller mieux des aides extérieures, réclamer l’autre, ne pas pouvoir faire sans lui mais en trouvant que ce n’est jamais assez et en en voulant toujours plus de la part de l’autre)
  • la dépendance affective: jalousie, possessivité, recherche d’exclusivité . Ces traits sont encore plus présents quand la personne vit une situation de stress.
  • amplification du négatif et minimisation du positif
  • reproches infondés: les radars de l’anxieux sont très sensibles et s’activent plus vite et plus intensément que la moyenne quand le ou la conjoint(e) est jugé(e) comme fuyant ou de mauvaise humeur. Le cerveau va alors bâtir des scenarii catastrophe, la plupart du temps infondés, mais source d’angoisse, de colère, de culpabilité ou un mélange de l’ensemble. L’autre est alors assez rapidement la cible des reproches explicites et sonores, soit d’une distanciation froide qui ne dure cependant jamais bien longtemps tant le stress est important. Vite préoccupé et sujet aux ruminations anxieuses, l’anxieux est ainsi rarement paisible et serein.
  • une faible estime de soi

Comment transformer cette blessure d’attachement? J’ai rédigé un second article: https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/04/05/les-4-styles-dattachements-boite-a-outils-pour-aller-mieux/

4. Va t’en mais surtout ne m’abandonne pas: le CHAOTIQUE/ DESORGANISE ( style insécure)

 » fuis moi je te suis, suis-moi je te fuis »

L’attachement désorganisé fait régner le chaos dans la vie des personnes dont les émotions sont imprévisibles: parfois excessives et dévastatrices: rage, désespoir, honte et culpabilité toxique. Elles semblent parfois absentes et la personne paraît déconnectée de la réalité et peut évoquer un vide qui désarçonne son entourage.

Le style d’attachement désorganisé a un mélange de comportements anxieux ( hyperactivation émotionnelle et comportementale) et de comportements évitants (désactivation émotionnelle et comportementale).

Lorsque le stress n’est pas trop élevé, la personne reste relativement organisée psychiquement, sur un mode soit évitant, soit anxieux. C’est ainsi qu’on parlera d’attachement désorganisé évitant ou d’attachement désorganisé anxieux: il y a toujours une dominante.

Lorsque le stress devient trop élevé et dépasse les défenses psychiques de la personne qui sont plus fragiles que la moyenne, celle ci se désorganise: son corps et son esprit ne parviennent plus à fonctionner de manière organisée et stable. On dit aussi que la personne se dissocie. Elle bascule alors soit dans une crise émotionnelle majeure avec beaucoup d’agitation , soit dans un état d’engourdissement et de figement affectif.

Ces moments de désorganisation peuvent survenir chez n’importe qui, y compris chez une personne sécure. Seulement pour les personnes avec un attachement désorganisé, cette fenêtre de tolérance est réduite, plus encore que chez les anxieux et les évitants. Cela signifie que leur capacité de flexibilité et d’adaptabilité est moindre.

Les conséquences:

  • un paradoxe besoin-rejet de liens
  • une image de soi instable et négative
  • phénomène de « parentification »: l’enfant s’occupe de ses parents ( ou frères et soeurs) alors que ce n’est pas de son âge et cela ne fait pas partie de ses responsabilités
  • crise colère ( hyperactivation anxieuse)
  • mutisme, isolement ( désactivation évitante)

Comment transformer cette blessure d’attachement? J’ai rédigé un second article: https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/04/05/les-4-styles-dattachements-boite-a-outils-pour-aller-mieux/

Cet article a été rédigé à partir de:

  • J’arrête les relations toxiques de Marion BLIQUE, édition EYROLLES, mars 2016
  • Guérir les blessures d’attachement de Gwenaëlle PERSIAUX, édition EYROLLES, fev.2021

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