Ecole Lact ( Systémie, gestion de conflit, psychopathologie, Ecole Palo Alto)

LACT – « L’Action pour la Transformation ”-  est un centre d’intervention, de recherche et une école internationale de formation en approche systémique et stratégique par le web.
L’école est spécialisée dans la régulation systémique et stratégique des troubles psychologiques et relationnels individuels ou collectifs.

Les intervenants sont des cliniciens de la relation au croisement de la psychothérapie, de l’accompagnement et du conseil. Ils sont diplômés de l’école de Palo Alto, en approche systémique et coaching stratégique. Au service de la résolution de problèmes complexes, ils participent par l’action au « mieux-être » et « mieux-vivre ensemble ». Ils possèdent une connaissance et une expérience : de la thérapie brève et de la psychopathologie selon le modèle d’intervention systémique et stratégique ainsi que de l’intervention en entreprise (organisations et métiers).

Le site propose des vidéos gratuites et accessibles à tous concernant des sujets divers comme: l’Ecole Palo Alto, Gestion de conflits: étude de cas, Résistance au changement, Comprendre les mécanismes des TOC, Les types de drogues et leurs effets…

Est ce que je peux être moi ou est ce que je dois être toi? Héritage familial, boite à outils pour aller mieux…

Nos origines et héritages sont de grands pourvoyeurs de stress. En ce sens , connaître, analyser et nettoyer notre généalogie ou système familial est un exercice bénéfique pour nous même et pour tous les membres de notre famille présente, passée, et à venir. Ce travail transforme le passé douloureux consommateur d’énergie en présent vivant créateur de liens harmonieux. Vous pouvez trouvez la première partie de mon article décrivant l’héritage familial ici: https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/01/02/est-ce-que-je-peux-etre-moi-ou-est-ce-que-je-dois-etre-toi-lheritage-familial-en-question/

A vous de puiser dans la boite à outils suivante, toute l’inspiration du changement que je vous souhaite :

  1. Dressez votre génosociogramme: faites vous accompagner par un professionnel
  2. Nettoyer votre système familial: Libérez les sauveteurs, les victimes et les persécuteurs et rendre les fardeaux à qui de droit: l’outil de la lettre à ne pas envoyer est ici à conseiller
  3. Retracez votre trajectoire personnelle de stress: retracez les circonstances et environnement de votre conception, la trajectoire de votre petite enfance, enfance, adolescence et vie personnelle, amoureuse et professionnelle vécue jusqu’ici: faites vous accompagner par un professionnel
  4. Déployez votre potentiel et mettez vos talents en action: La plus belle rencontre que vous puissiez faire c’est vous-même. Être bien avec soi-même est la seule voie pour être bien avec les autres. C’est un puissant anti-stress. Offrez-vous un bonne hygiène de vie en évitant les excitants, en pratiquant une activité physique, culturelle, artistique en vous fixant des défis . Prenez le temps pour vous chouchouter. Apprenez à écouter votre corps et votre psychisme. Eliminez les situations conflictuelles. Engagez vous dans une cause… Entrainez vous à vous libérer de vos conditionnements: établissez des listes de ce que vous souhaitez conserver et ce que vous souhaitez changer, établissez des actions à réaliser en lien avec la première liste, acceptez ce qui est et ce qui a été, choisissez de vous libérer des répétitions transgénérationnelles, visitez les lieux concernés par votre histoire familiale pour les rendre à la vie, incluez tous ceux qui ont été abandonnés ou exclus, remerciez pour l’énergie que vous recevez de vos ancêtres, faîtes la paix dans vos relations passées et présentes, prenez vos responsabilités de créateur(trice) de votre vie …. Pour faire équipe au mieux avec votre stress, tenez un journal de stress.
  5. Préceptes anti-stress au quotidien: privilégiez ce qui vous donne un sentiment d’accomplissement et de joie, faites attention à vous, soyez à l’écoute de vos besoins, constituez-vous un album de photos de souvenirs heureux, aimez-vous et aimez les autres: faites de ce sentiment le but et l’expression primordiale de votre existence ect…
  6. Améliorez votre communication: utilisez la reformulation afin d’éviter un maximum les distorsions de compréhension et d’interprétation et générateur de stress.
  7. Osez prendre votre place en ayant un objectif de vie à long terme: Echangez la montre pour la boussole: il n’y a jamais d’urgence, il n’y a que des gens pressés. Savoir où vous choisissez d’aller est un puissant anti-stress: Guidez vous avec quelques questions comme par exemple: quelle est la personne que vous aurez plaisir à être à 75, à 85 ,à 95 à 105 ans?/ quelles sont les valeurs, qualités sur lesquelles vous voulez être connu(e) et reconnu (e)?/ Décrivez vous en termes d’être, de valeurs, de mode de vie, d’environnement, de réalisation de soi, de rencontres, d’accomplissement…
  8. Autorisez-vous à quitter le système des attentes
  9. Reconnaissez le rôle que vous jouez dans votre famille
  10. Evitez le stress des systèmes : Listez tous les systèmes auxquels vous devez vous soumettre, analyser les contraintes qu’ils font peser sur vous et éliminez votre participation aux systèmes trop stressant, votre santé en dépend!
  11. Faites pétiller votre vie en évoluant dans votre zone de risque

En prenant votre vie en main, vous devenez consciemment créatreur(trice) de votre monde. Transformez vos fragilités en force en nettoyant vos lignées familiales. Fabriquez votre propre outils anti-stress et partagez-les. Plus nous ferons pétiller nos vies, plus nous évoluerons harmonieusement ensemble dans des systèmes équilibrés ou en voie d’équilibrage!

Vous pouvez retrouvez l’intégralité du détail de ces outils dans l’ouvrage écrit par Bernadette PICAZO  » Pour en finir avec les problèmes de stress », édition Chiron 2013. C’est un ouvrage qui aborde de façon originale le stress, par l’outil de la psychogenealogie, avec des conseils très pratiques, je vous le recommande chaleureusement!

Est ce que je peux être moi ou est ce que je dois être toi? L’héritage familial en question…

« Nos héritages ne sont pas uniquement constitués de meubles, de propriétés, de terres ou d’argent. Nos ascendants nous transmettent leurs fardeaux, leurs non-dits, des secrets, des fantômes, des évènements non achevés et des traumatismes. Ce sont autant de stress s’installant dans notre quotidien et dont nous ne mesurons pas les conséquences dans nos vies. Notre besoin d’appartenance à notre famille nous fait continuer et répéter ce que nous croyons ou percevons inconsciemment comme une obligation ou un geste de fidélité familiale.

Vivre c’est souffrir mais souffrir n’est pas vivre . Nous avons besoin de nous libérer des souffrances héritées, pour accéder à la réalisation de soi et être nous-mêmes. Porter le fardeau des autres perturbe gravement notre système de régulation. C’est un stress qui nous coûte de l’énergie et nous oblige à résister en permanence. Carl Gustav JUNG a démontré que l’individuation, la pulsion à devenir soi-même, le besoin de se réaliser animait chacun d’entre nous.

La psychogénéalogie est une des voies de libération des scénarios du passé menant à l’individuation. Notre génosociogramme sur 4 ou 5 générations nous offre la possibilité de découvrir notre histoire familiale et d’y rechercher ceux qui ont tenté de se réaliser. Si nos ancêtres se sont accomplis, nous n’avons qu’à suivre la grande avenue déjà ouverte et à mettre nos pas dans les leurs. Notre individuation est alors aisée.

Dans le cas contraire, certains d’entre nous doivent d’abord réparer le système familial avant de se réaliser eux-mêmes. Dans un premier temps, nous héritons de la vie de labeur ou l’échec de nos aïeux et nous reprenons inconsciemment leur fardeau par fidélité familiale. Les malheurs et injustices qui n’ont pas permis à nos ascendants de se réaliser doivent être entendus. Ce mouvement constitue un des premiers obstacles à lever sur le chemin de la réalisation de soi. L’énergie bloquée dans les valises des autres, que nous portons sans le savoir, attend que nous la libérions.

Porter, conserver les fardeaux des autres par amour, nous condamne à les répéter. Nous nous identifions à ceux qui les ont vécus et nous ne vivons pas notre vie. Le refus d’écouter notre inconscient nous met à sa merci, par le retour du refoulé. Avoir peur de vivre, c’est préférer rester dans un malheur connu plutôt que de changer et de chercher un bonheur inconnu.

De génération en génération, les secrets, les non-dits et le silence sont des violences faites aux systèmes familiaux, à la circulation de l’énergie et de l’amour entre les êtres.

Un évènement plus ou moins grave ou honteux peut devenir un secret entouré de non -dits. il est tabou, interdit, d’en parler. Son évocation par les membres de la famille et du groupe équivaut à une faute grave ou à une trahison pouvant aller jusqu’à l’exclusion du groupe. C’est une sorte d’omerta. Les mots concernant l’évènement sont soigneusement évités par fidélité ou par peur de celui ou de celle qui impose sa volonté aux autres.

La famille ou le groupe doit alors se disperser, car bloquer des énergies équivaut à figer tous les échanges dans le système. Il y a risque d’extinction de la lignée, de dissolution du collectif. Pour les membres du système, seul l’éloignement permet de mener une vie presque normale. Dès qu’ils reviennent ou entre en contact avec le système blessé, ils risquent d’être atteints eux mêmes. Dans tous les cas, la joie de vivre et la paix intérieure n’existent plus. la loi du silence est une très forte source de stress intense.

Le silence, les non-dits et le secret sont des maladies de la communication, des « mal à dire », sources de stress et de maladies physiques et mentales. » Bernadette ¨PICAZO ( Pour en finir avec les problèmes de stress, édition CHIRON, 2013)

Mais alors comment faire? Il faut penser à vous et à votre vie. Dans la seconde partie de mon article je vous apporte une boite à outils : https://virginieeducatricelarochelle.com/?p=1121

Approche systémique : utiliser l’outil la valise à ressources

Yves Klein

Je voudrais dans cet article vous présenter un outil à développer lorsque vous avez l’impression que la personne que vous accompagnez s’enferme dans sa problématique psychique et entretient de façon morbide son symptôme essayant par la même occasion de vous entrainer dans l’accomplissement de cette tâche. Oui la relation éducative a des travers , elle n’est pas toute rose! Je pense que c’est un outil qui peut être développé auprès de tout public enfant/ado/adulte avec capacité intellectuelle.

Cet outil m’a été soufflé par Grégory Delvacque, thérapeute en systémie familial avec qui je fais mon analyse de la pratique professionnelle. Le travail social c’est l’histoire d’une longue chaine, on s’inspire les uns des autres, et à l’origine Gilbert PREGNO, psychologue a été le premier à parler de valise à ressources.

  • Pour introduire le travail de la valise à ressources: le principe est de proposer à la personne de DESSINER SON GENOGRAMME ( à la hauteur de ses capacités ) . Toute médiation artistique est possible. A voir ce qui parait faisable sur le moment. Un simple crayon et une feuille peut faire l’affaire mais les possibilités sont infinies: D’autre idées sont développées dans le livre Les génogrammes d’aujourd’hui, de Ivy DAURE et Maria BORCSA aux editions ESF.
  • puis vous lui proposez d’apposer un ou des TRAITS de PERSONNALITES à ses parents et plus si vous sentez la personne prête à continuer avec ses grands parents, frères , soeurs, oncles, tantes… Au préalable , se constituer une liste de traits de personnalités me parait judicieux.
  • A partir de ces traits de personnalités , vous invitez la personne à dégager les VALEURS qui se dégagent de ces traits de personnalité et qu’elle identifie de ses parents , de ses grands parents, ect… L’idée est de l’ amener à voir la densité des personnalités de sa famille et comprendre si besoin pour elle, le caractère soit dysfonctionnelle ou ressourçant des membres de sa famille . Pour une personne souffrant de trouble de l’attachement, c’est un exercice intéressant car les parents sont parfois mis sur un piédestal. Cet exercice aussi permet de mieux comprendre aussi ce que l’on appelle le « script familial » c’est à dire les attentes familiales transmises et les transmissions de rôles ect…
  • A partir de ce travail amorcé sur le génogramme, vous pourrez proposer l’ELABORATION DE LA VALISE A RESSOURCES comportant 3 « compartiments » amenant la personne à réfléchir sur sa propre composition à elle:
  1. Quelles sont les ressources/valeurs dont elle a pris/hérité de sa famille?
  2. Quelles sont les ressources/valeurs qu’elle a cultivé par elle- même, et ne venant pas d’un membre de sa famille?
    3. Quelles sont les ressources/valeurs qu’ elle a emprunté à des amies/collègues ou personnes significatives extérieures à sa famille ( artiste, écrivain, ect…)?

Pour permettre cette réflexion autour des valeurs, quelques outils peuvent vous être utile. Pour ma part, j’ai été à la rencontre du livre « Je suis comme je suis » d’Isabelle Nazare Aga qui reprend la définition des valeurs et également des « contre valeurs » . Ainsi qu’ un jeu de cartes intitulé  » valeurs ajoutées » , jeu conçu par Anna Edery, Marie Edery et Manuel de Sousa; qui regroupe 7 familles de 7 valeurs et 3 jokers, c’est une manière ludique de découvrir les valeurs avec la personne et lui permettre de construire sa valise à ressources. Là encore les possibilités en terme de formes sont libre à chacun.

  • Et enfin QUELQUES QUESTIONS EN OUVERTURE pourraient venir clôturer cet accompagnement : « Lorsque vous êtes en difficulté, quelle ressource/valeur  » vous actionnez, dans ces 3 compartiments? « Vous correspond t elle? ou voulez-vous la changer? »
    …et à partir de cette valeur, quelle action vous permet de la concrétiser dès demain?

Voilà en espérant que cela vous parle 🙂 A adapter évidemment en fonction de la capacité d’attention et de mobilisation de la personne. Des séances courtes et ludiques avec du matériel peuvent s’organiser. L’idée est d’amener la personne à réfléchir à toutes les ressources qu’elle a en elle.

Merci de m’avoir lu! Virginie

Le rôle de l’institution selon l’approche systémique

Ana Montiel

Dr Guy AUSLOOS, lors d’une communication présentée à la réunion Genevoise des thérapeutes familiaux organisée par le G.R.I.D.E.F ( groupe de recherche d’information d’études sur la famille, Genève) en décembre 1980, expliquait le rôle selon lui, de l’institution:

« Si, selon l’approche systémique, l’institution ne peut se donner pour projet de « soigner » le patient, elle peut cependant conserver un rôle en se mettant au service de ses finalités individuelles, sans aller à l’encontre de la réalité systémique dans laquelle il vit. C’est un des mérites de Siegi HIRSCH d’avoir souligné cet aspect depuis plusieurs années dans son enseignement et sa pratique.[…]… l’institution a la possibilité de développer les potentialités de l’individu ( corps, intelligence, affects) et donc de favoriser la réalisation de ses projets. Elle peut aussi être le lieu où il peut se retirer, se reposer, prendre de la distance, se donner du temps, et dans ce cas la vieille notion d’asile reprend tout son sens. Enfin elle peut être moyen de séparer les combattants lorsque le conflit devient trop aigu. Il importe cependant que l’institution ne propose pas ce qu’elle ne peut réellement promettre, à savoir une éventuelle guérison.

Cette mise au service des finalités de l’individu ne peut cependant pas se concevoir sans évolution concomitante du système familial, comme nous l’avons montré. Et comment peut on mieux mettre la famille en situation de se modifier? En faisant appel à elle, en reconnaissant son implication, en stimulant sa responsabilité, en reconnaissant sa compétence.

C’est ce que nous avons souvent formulé en disant à peu près ceci aux familles: « ce placement a sûrement dû vous toucher et vous concerne tous. C’est pourquoi nous souhaiterions vous rencontrer, parce que nous savons que c’est vous qui comprenez le mieux la situation. Nous voudrions bénéficier de vos connaissances et de votre compétence parce que sans vous nous ne pourrons rien faire« 

Redéfinir l’institution dans ce sens impose qu’elle redéfinisse également sa pratique. Il est donc necessaire que ce soit dès les premières démarches en vue de l’admission que la famille soit informée qu’elle est directement concernée par le placement.

Un autre formulation du message pourrait être:  » Nous avons la possibilité d’héberger cette personne. Nous savons cependant que son comportement, aussi étrange qu’il puisse paraître, a un sens et que ce sens, il n’y a que vous, sa famille, qui puissiez nous aider à le décoder. sans votre collaboration, nous serions donc dans l’impossibilité de plus que d’assurer une bonne hôtellerie« . Devrait s’ensuivre une négociation sur la possibilité d’accepter un tel contrat: « Pouvez-vous nous assurer de votre collaboration? Sinon nous ne pouvons entrer en matière pour le placement, nous ne serions pas cohérents » […]…

Au premier abord, une telle procédure peut paraître rigide, voire rejetante. Elle nous apparaît pour tant comme le seul moyen cohérent pour établir les conditions nécessaires et suffisantes à ce que le travail avec le patient-désigné et sa famille soit ultérieurement possible. Trop souvent en effet, les familles ont encore la possibilité de placer un de leurs membres comme une valise à la consigne. Et l’institution aurait à répondre, selon la formule de Louis EMERY, directeur de Chevrens: « Nous ne sommes pas une consigne, nous n’acceptons pas les valises« . Une telle attitude permet de définir d’emblée le contexte comme thérapeutique et de revaloriser celui qui se sentait exclu.

D’autre part, situer d’emblée la famille comme collaborateur précieux, voire indispensable, permet d’éviter la traditionnelle escalade symétrique qui accompagne souvent un placement. [où] les représentants de l’institution seront perçus comme les spécialistes qui savent, eux, ce qu’il faut faire. Les conditions sont alors réunies pour que l’escalade commence. Que de fois, lors de synthèses, n’entend on pas critiquer les parents qui n’ont pas su…, la femme qui n’a pas su…, le mari qui aurait dû… et l’on ne se rend pas compte que, ce faisant, on se prépare à relever le défi en annonçant implicement que l’on saura…, que l’on pourra…, que l’on devra…. Les sentiments de toute-puissance institutionnelle sont bien souvent nourris de ces défis. »