Trouble de la personnalité : Boîte à outils

Lorsqu’on côtoie une personne ayant un trouble de la personnalité ( https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/01/31/trouble-de-la-personnalite-borderline-quest-ce-cest/) , on peut y perdre son souffle tant la relation est mise à l’épreuve. Il faut veiller à ne pas s’épuiser professionnellement et garder le cap d’un accompagnement sur une longue durée.

Dans le cadre d’un accompagnement éducatif, j’envisage la relation éducative créée comme une veille et un espace régulateur du quotidien dans le projet plus global de soins :

  • La psychothérapie ( individuelle, de groupe) Le traitement des troubles de la personnalité consiste en une psychothérapie, qui comprend la psychothérapie individuelle et la thérapie de groupe. Les chances de succès de la thérapie sont meilleures lorsque la personne cherche activement un traitement et qu’elle est motivée pour changer. Il faut du temps pour modifier les traits de personnalité problématiques (tels que la dépendance, la méfiance, l’arrogance, et la manipulation), généralement plus d’un an. Une des clés de la modification de ces traits est la psychothérapie individuelle. La psychothérapie peut aider une personne à comprendre dans quelle mesure son trouble de la personnalité est lié aux problèmes qu’elle rencontre. Elle peut également l’aider à apprendre de nouvelles et meilleures façons d’interagir et de surmonter ses problèmes. Le changement se fait en général progressivement.
  • La thérapie de groupe ( thérapie familiale) et la modification du comportement parviennent en général à améliorer le comportement en quelques mois. Les groupes d’entraide ou la thérapie familiale peuvent également contribuer à modifier un comportement inapproprié. L’implication des membres de la famille est utile et souvent indispensable, car ils peuvent se comporter de façon à renforcer ou diminuer le comportement ou les pensées inappropriés.
  • La relation éducative au quotidien, permet selon moi, par l »établissement d’une relation de confiance, l’accomplissement d’actes permettant à la personne d’évoluer et de penser sous un autre angle. Par l’utilisation de médiations mises à disposition par l’éducateur ( sociale, sportive, culturelle, artistique, animale ect…), l’accompagnement éducatif permet à la personne de réinvestir sa vie et de réaliser des petits pas qui jusque là s’avéraient insurmontables.

Les troubles de la personnalité peuvent s’avérer particulièrement difficiles à traiter. Il est donc important de choisir un thérapeute expérimenté, qui ne porte pas de jugement et qui est à même de comprendre l’image que la personne a d’elle-même, ses domaines de sensibilité ainsi que ses façons habituelles de surmonter les difficultés.

Les médicaments peuvent aider à soulager les symptômes à l’origine de la souffrance, tels que la dépression et l’anxiété, et peuvent aider à contrôler certains traits de personnalité tels que l’agressivité. Les médicaments ne peuvent toutefois pas guérir un trouble de la personnalité.

Les effets positif du traitement

Bien que les traitements particuliers diffèrent en fonction du type de trouble de la personnalité, ils visent généralement à :

  • Réduire la souffrance
  • Aider la personne à comprendre que ses problèmes sont internes (non causés par d’autres personnes ou situations)
  • Réduire le caractère inadapté et socialement indésirable du comportement
  • Modifier les traits de personnalité qui causent des difficultés

Le premier objectif du traitement consiste à réduire la souffrance immédiate, due à l’anxiété ou à la dépression par exemple. La réduction de la souffrance facilite le traitement du trouble de la personnalité. Tout d’abord, le thérapeute aide la personne à identifier la source de la souffrance. Il envisage ensuite les moyens de la soulager. Le thérapeute offre des stratégies pour aider la personne à se sortir de situations ou de relations très pénibles (soutien psychosocial). Ces stratégies peuvent impliquer les membres de la famille, les amis, les voisins, des prestataires de soins, et d’autres dans les soins et le soutien de la personne. Les médicaments contre l’anxiété ou la dépression peuvent aider à soulager ces symptômes. Si des médicaments sont administrés, ils le sont idéalement à petite dose et pendant une durée limitée.

Il est essentiel d’aider la personne à comprendre que ses problèmes sont internes, parce que les personnes atteintes d’un trouble de la personnalité ne voient parfois pas que leur propre comportement pose problème. Le médecin essaie d’aider la personne à comprendre que son comportement est inapproprié et qu’il a des conséquences néfastes. Par l’établissement d’une relation médecin-patient fondée sur la coopération et le respect mutuel, le médecin peut aider la personne à mieux prendre conscience d’elle-même et à reconnaître son comportement inapproprié, socialement indésirable. Le médecin peut aussi aider la personne à réaliser que le fait de modifier son comportement ainsi que sa vision d’elle-même et d’autrui nécessitera du temps et des efforts.

Les comportements inadaptés et indésirables (tels que l’imprudence, l’isolement social, le manque d’assurance et les excès d’humeur) doivent être traités rapidement afin de minimiser les conséquences néfastes sur le travail et les relations. Il arrive qu’un médecin se voie obligé de fixer des limites au comportement dans son cabinet. Par exemple, le médecin peut dire à la personne que le fait de crier et de proférer des menaces rend le déroulement d’une séance difficile. Si le comportement est extrême, par exemple, si la personne se montre imprudente, si elle s’isole socialement, si elle a des accès de colère ou des comportements autodestructeurs, elle peut être traitée en hôpital de jour ou dans un établissement résidentiel.

Les changements de comportement sont particulièrement importants chez les personnes présentant l’un de ces troubles de la personnalité :

  1. Borderline
  2. Antisociale
  3. Évitante

L’hyper/hypo sensibilité: la boite à outils

Face à un trouble du traitement sensoriel qui touche quasiment toutes les personnes avec Autisme, que peut on mettre en place?

Ce que j’aurai envie de dire en premier lieu c’est de respecter et d’écouter la personne qui exprime ces troubles. Ne pas minimiser. Les expériences d’immersion ( vidéos) contenues dans la première partie de cet article suffisent à comprendre qu’il s’agit d’un grand handicap de tous les jours: à voir ici: https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/01/23/lhyper-hypo-sensibilite-quest-ce-que-cest/

La boite à outils est diverse. Elle peut ne pas être évidente d’accès en fonction de là où on exerce ( cabinet, domicile, institution). Néanmoins, je serai tenté de dire que les outils présentés ici peuvent être proposés par tous professionnels et peuvent même s’improviser et être fabriquer avec l’enfant/l’ado/l’adulte. En établissant une relation de confiance et en créant de façon ludique la rencontre de l’enfant/ l’ado/l’adulte avec ces outils, cela participe à l’évolution de leur perception . A nous de voir quelle proposition faire aux jeunes que nous suivons, en fonction des moyens que nous avons:

  • Prismes sonores: Généralement, les personnes avec autisme présentent des particularités auditives qui sont plus en moins intenses. De façon classique, on retrouve une faible attention à la voix parlée et des réactions fortes à certains bruits d’objets (aspirateur, moto, mixeur, etc.). L’intérêt annoncé de ce jeu est d’entraîner les capacités d’attention (d’écoute) et de discrimination auditive (capacité à distinguer les sons). Toutes les infos ici: https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/31-prismes-triangulaires-sonores
  • Toucher Carré: Si la personne saisit des objets du bout des doigts, est gênée par le contact avec la pâte à modeler ou le sable, celle-ci présente probablement une hyper sensibilité palmaire. Ce jeu pourra contribuer à ce qu’elle s’habitue (sans appréhension et gêne) à traiter les informations tactiles provenant des objets.https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/17-toucher-carre
  • Serpent vibrant: Cet outil peut aider à éveiller les sensations proprioceptives chez des personnes présentant une hypo réactivité proprioceptive, c’est à dire adoptant des postures inhabituelles, recherchant des sensations corporelles (provoquer des contacts forts avec des surfaces, s’enrouler dans une couverture, etc.).https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/14-serpent-vibrant
A la Rochelle ( 17000) Rémy Ramadour, président et co-fondateur de la startup Ullo a créer inner garden: un concept avec du sable kinetic : il sagit de pouvoir réguler des états physiologiques, cognitifs et émotifs des personnes grâce à des approches non médicamenteuses. Inner garden est un bac à sable cinétique, le patient manipule le sable et crée un paysage ; une caméra détecte les profondeurs, puis un vidéoprojecteur projette des couleurs (bleu pour l’eau, etc.) créant un paysage. Il est possible animer le paysage, avec une ceinture qui capte la respiration. Le patient est distrait sensoriellement (par le son : avec le bruit des vagues, par la vue avec les couleurs, par le toucher avec le sable) donc les pensées ruminantes baissent, la personne est cognitivement plus disponible ; on peut alors lui envoyer des informations à vocation thérapeutique. Par un capteur qui prend le pouls, on calcule le rythme de respiration qui s’affiche sur les rayons du soleil à gauche. Le patient doit respirer à ce rythme. La variabilité cardiaque apparaît alors sur l’arc en ciel. Leur site: https://ullo-world.fr/website/fr/
  • Oeuf masseur: Cet outil peut aider à éveiller les sensations proprioceptives chez des personnes présentant une hypo réactivité proprioceptive, c’est à dire adoptant des postures inhabituelles, recherchant des sensations corporelles (provoquer des contacts forts avec des surfaces, s’enrouler dans une couverture, etc.).https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/12-oeuf-masseur
  • Dalles sensorielles: Ces dalles, disposées en parcours, sont généralement utilisées pour améliorer la sensibilité plantaire: – En cas d’hyper sensibilité (ne supporte pas de marcher pieds nus dans le sable ou dans l’herbe…), on va habituer la personne à marcher sans appréhension et sans gêne sur ces dalles pour abaisser son seuil de réactivité. Il est préférable de commencer par les textures appréciées et aller progressivement vers les textures initialement aversives. – En cas d’hypo sensibilité, on va chercher à éveiller le sens du toucher en explorant des contrastes entre les textures. L’usage du masque permet de concentrer l’attention de la personnes vers ses sensations tactiles.https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/7-dalles-sensorielles

L’hyper/hypo sensibilité: Qu’est ce que c’est?

Il existe 3 grands profils comportementaux de troubles du traitement des informations sensorielles:

  1. Hyper-sensibilité: Réponse exagérée à une stimulation sensorielle du fait d’un seuil de perception bas. 
    De façon un peu caricaturale, la personne a besoin que la stimulation soit plus faible pour apporter une réponse adaptée.
  2. Hypo-sensibilité: Absence de réponse ou réponse très ténue à une stimulation sensorielle du fait d’un seuil de perception élevé. La personne aurait besoin que la stimulation soit plus élevée, plus franche pour apporter une réponse adaptée.
  3. Recherche de sensation: Intérêt marqué, envahissant pour certaines expériences sensorielles.

Le trouble du traitement des informations sensorielles peut toucher toutes les modalités sensorielles. Les systèmes sensoriels les plus connus sont:

– la vision 

– l’audition 

– le toucher 

– l’olfaction et la gustation

D’autres modalités moins connues sont toutes aussi importantes à prendre en compte :

– le système vestibulaire  est le sens de l’équilibre qui fournit des informations sur la position de la tête et sur les déplacements dans l’espace.

– le système proprioceptif  ou sensibilité profonde renseigne sur l’état et la position du corps grâce à des récepteurs localisés dans la musculature profonde, les articulations et les tendons.

– la nociception  et la thermoception   sont respectivement les sens de la douleur et de la température.

Pour mieux comprendre ce dont il s’agit, Vivez une expérience d’hyper sensibilité à l’environnement grâce à ce magnifique film d’animation: Sensory Overload de Miguel JIRON https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=K2P4Ed6G3gw&feature=emb_logo

Chez certaines personnes, l’hyper sensibilité peut devenir une hyper compétence, voire un talent;

  • oreille absolue (aptitude à reconnaître et à déterminer à l’écoute d’un son musical la ou les notes de musique correspondantes sans référence auditive préalable)
  • nez (capacité à discriminer et à mémoriser un grand nombre d’odeurs)
  • grande mémoire des détails visuels : voir l’exemple de Stephen Wiltshire dans ce film produit pour la campagne « We will not rest » de la société UBS en 2011:https://www.youtube.com/watch?v=bsJbApZ5GF0&feature=emb_logo

Bien que la description schématique de ces 3 profils aide à mieux appréhender le fonctionnement sensoriel de la personne avec autisme, il ne peut pas expliquer à lui seul toutes les particularités sensorielles décrites par les études scientifiques et par les témoignages des personnes avec Autisme. Nous citerons par exemple les difficultés à interpréter les informations sensorielles rapides (parler, bouger vite), et à coordonner les différentes modalités sensorielles (ne pas pouvoir entendre et regarder en même temps, etc.).
Ces recherches et témoignages actuels et à venir, vont certainement continuer à éclairer notre compréhension afin d’apporter des réponses toujours plus justes. 

Le témoignage de Temple Grandin aux Journées Nationales des C.R.A. en 2014 à Tours en est une illustration. (extraits – (c) 2014 – C.R.A. Centre-Val de Loire): à partir de 8 minute 10, Temple Grandin nous raconte son hypersensibilité: https://www.youtube.com/watch?v=qKt0n-VBbVM

Une évaluation approfondie et régulière par un psychomotricien ou un ergothérapeute permet d’établir une ligne de base et de construire un projet au plus près de la problématique sensorielle de la personne. Cette évaluation clinique associe les observations des parents au quotidien et des mises en situation par le clinicien et les équipes de professionnels en lien avec l’enfant. 

L’éducateur intervenant à domicile, a donc un rôle à jouer dans la prise en charge de ces troubles sensoriels.

Cet article sur l’hypersensibilité est suivi d’une seconde partie abordant quelques outils à utiliser pour accompagner la personne:https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/01/23/lhypersensibilite-la-boite-a-outils/

***Cet article a été écrit à partir du site: http://www.cra-centre.org/sensorialite/***

Les techniques d’impact: boite à outils

Les techniques d’impact sont des petites activités simples et aisément applicables, qui utilisent des objets, le mouvement, le graphisme, les métaphores, l’expression, l’écriture et les fantaisies mentales sollicitant rapidement l’attention des personnes accompagnées. Les techniques d’impact peuvent s’appliquer à des problématiques très diversifiées, et ne durent que quelques minutes.

Voici une boite à outils de techniques d’impact ( cliquez pour accéder au document):

Aujourd’hui je me sens

Bonhomme des gros mots

Chercher Monsieur Sourire

Distributrice

DVD

L’élastique

L’éponge

La boite en coeur

La petite voiture : Besoin d’aide

La plante

La radio : pour Illustrer le bruit

Le billet de 20

Le dé : pour parler des différences

Le frein – l’accélérateur

Le micro

Le post-it : Estime de soi

Le pot à remplir

Le pot de distraction : Favoriser la concentration

Le ruban adhésif : Favoriser des comportements réparateurs

Le tournevis : Les comportements

Les jetons

Les poissons : Ambiance de classe

Une plante : Favoriser la cohésion

Matériel gratuit de l’Académie Impact

Je remercie chaleureusement mes sources: https://educationspecialisee.ca/ ,  Blog d’une maîtresse D et http://seduc.csdecou.qc.ca/wp-content/uploads/2014/07/4-5-Quelques-techniques-dimpact-en-lien-avec-la-pr%C3%A9vention-de-la-violence.pdf


Référence livres:

  • Beaulieu D.(2010).Techniques d’impact en classe. Montréal: Éditions Quebecor.
  • BeaulieuD.(2006).Thérapie d’impact.,Lac Beauport: Impact Éditions.

Est ce que je peux être moi ou est ce que je dois être toi? Héritage familial, boite à outils pour aller mieux…

Nos origines et héritages sont de grands pourvoyeurs de stress. En ce sens , connaître, analyser et nettoyer notre généalogie ou système familial est un exercice bénéfique pour nous même et pour tous les membres de notre famille présente, passée, et à venir. Ce travail transforme le passé douloureux consommateur d’énergie en présent vivant créateur de liens harmonieux. Vous pouvez trouvez la première partie de mon article décrivant l’héritage familial ici: https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/01/02/est-ce-que-je-peux-etre-moi-ou-est-ce-que-je-dois-etre-toi-lheritage-familial-en-question/

A vous de puiser dans la boite à outils suivante, toute l’inspiration du changement que je vous souhaite :

  1. Dressez votre génosociogramme: faites vous accompagner par un professionnel
  2. Nettoyer votre système familial: Libérez les sauveteurs, les victimes et les persécuteurs et rendre les fardeaux à qui de droit: l’outil de la lettre à ne pas envoyer est ici à conseiller
  3. Retracez votre trajectoire personnelle de stress: retracez les circonstances et environnement de votre conception, la trajectoire de votre petite enfance, enfance, adolescence et vie personnelle, amoureuse et professionnelle vécue jusqu’ici: faites vous accompagner par un professionnel
  4. Déployez votre potentiel et mettez vos talents en action: La plus belle rencontre que vous puissiez faire c’est vous-même. Être bien avec soi-même est la seule voie pour être bien avec les autres. C’est un puissant anti-stress. Offrez-vous un bonne hygiène de vie en évitant les excitants, en pratiquant une activité physique, culturelle, artistique en vous fixant des défis . Prenez le temps pour vous chouchouter. Apprenez à écouter votre corps et votre psychisme. Eliminez les situations conflictuelles. Engagez vous dans une cause… Entrainez vous à vous libérer de vos conditionnements: établissez des listes de ce que vous souhaitez conserver et ce que vous souhaitez changer, établissez des actions à réaliser en lien avec la première liste, acceptez ce qui est et ce qui a été, choisissez de vous libérer des répétitions transgénérationnelles, visitez les lieux concernés par votre histoire familiale pour les rendre à la vie, incluez tous ceux qui ont été abandonnés ou exclus, remerciez pour l’énergie que vous recevez de vos ancêtres, faîtes la paix dans vos relations passées et présentes, prenez vos responsabilités de créateur(trice) de votre vie …. Pour faire équipe au mieux avec votre stress, tenez un journal de stress.
  5. Préceptes anti-stress au quotidien: privilégiez ce qui vous donne un sentiment d’accomplissement et de joie, faites attention à vous, soyez à l’écoute de vos besoins, constituez-vous un album de photos de souvenirs heureux, aimez-vous et aimez les autres: faites de ce sentiment le but et l’expression primordiale de votre existence ect…
  6. Améliorez votre communication: utilisez la reformulation afin d’éviter un maximum les distorsions de compréhension et d’interprétation et générateur de stress.
  7. Osez prendre votre place en ayant un objectif de vie à long terme: Echangez la montre pour la boussole: il n’y a jamais d’urgence, il n’y a que des gens pressés. Savoir où vous choisissez d’aller est un puissant anti-stress: Guidez vous avec quelques questions comme par exemple: quelle est la personne que vous aurez plaisir à être à 75, à 85 ,à 95 à 105 ans?/ quelles sont les valeurs, qualités sur lesquelles vous voulez être connu(e) et reconnu (e)?/ Décrivez vous en termes d’être, de valeurs, de mode de vie, d’environnement, de réalisation de soi, de rencontres, d’accomplissement…
  8. Autorisez-vous à quitter le système des attentes
  9. Reconnaissez le rôle que vous jouez dans votre famille
  10. Evitez le stress des systèmes : Listez tous les systèmes auxquels vous devez vous soumettre, analyser les contraintes qu’ils font peser sur vous et éliminez votre participation aux systèmes trop stressant, votre santé en dépend!
  11. Faites pétiller votre vie en évoluant dans votre zone de risque

En prenant votre vie en main, vous devenez consciemment créatreur(trice) de votre monde. Transformez vos fragilités en force en nettoyant vos lignées familiales. Fabriquez votre propre outils anti-stress et partagez-les. Plus nous ferons pétiller nos vies, plus nous évoluerons harmonieusement ensemble dans des systèmes équilibrés ou en voie d’équilibrage!

Vous pouvez retrouvez l’intégralité du détail de ces outils dans l’ouvrage écrit par Bernadette PICAZO  » Pour en finir avec les problèmes de stress », édition Chiron 2013. C’est un ouvrage qui aborde de façon originale le stress, par l’outil de la psychogenealogie, avec des conseils très pratiques, je vous le recommande chaleureusement!

Support pour préparer la soirée de Noël

Les fêtes de fin d’année et la soirée de Noël sont des moments de fête, parfois de retrouvaille en famille avec beaucoup de monde et de bruit. Ce sont des moments où l’excitation , la surstimulation est difficile à gérer pour les enfants ayant des troubles de l’attention ou des troubles du spectre autistique.

Préparer ce moment avec l’enfant me semble important en prenant un temps avec lui pour lui expliquer le déroulement de la soirée et ce qu’on va attendre de lui.

Je vous partage comme support ce document que j’ai préparé pour une famille ( avec écritures et pictos):

Merci pour vos retours, et bon réveillon,

Virginie

Approche systémique : utiliser l’outil la valise à ressources

Yves Klein

Je voudrais dans cet article vous présenter un outil à développer lorsque vous avez l’impression que la personne que vous accompagnez s’enferme dans sa problématique psychique et entretient de façon morbide son symptôme essayant par la même occasion de vous entrainer dans l’accomplissement de cette tâche. Oui la relation éducative a des travers , elle n’est pas toute rose! Je pense que c’est un outil qui peut être développé auprès de tout public enfant/ado/adulte avec capacité intellectuelle.

Cet outil m’a été soufflé par Grégory Delvacque, thérapeute en systémie familial avec qui je fais mon analyse de la pratique professionnelle. Le travail social c’est l’histoire d’une longue chaine, on s’inspire les uns des autres, et à l’origine Gilbert PREGNO, psychologue a été le premier à parler de valise à ressources.

  • Pour introduire le travail de la valise à ressources: le principe est de proposer à la personne de DESSINER SON GENOGRAMME ( à la hauteur de ses capacités ) . Toute médiation artistique est possible. A voir ce qui parait faisable sur le moment. Un simple crayon et une feuille peut faire l’affaire mais les possibilités sont infinies: D’autre idées sont développées dans le livre Les génogrammes d’aujourd’hui, de Ivy DAURE et Maria BORCSA aux editions ESF.
  • puis vous lui proposez d’apposer un ou des TRAITS de PERSONNALITES à ses parents et plus si vous sentez la personne prête à continuer avec ses grands parents, frères , soeurs, oncles, tantes… Au préalable , se constituer une liste de traits de personnalités me parait judicieux.
  • A partir de ces traits de personnalités , vous invitez la personne à dégager les VALEURS qui se dégagent de ces traits de personnalité et qu’elle identifie de ses parents , de ses grands parents, ect… L’idée est de l’ amener à voir la densité des personnalités de sa famille et comprendre si besoin pour elle, le caractère soit dysfonctionnelle ou ressourçant des membres de sa famille . Pour une personne souffrant de trouble de l’attachement, c’est un exercice intéressant car les parents sont parfois mis sur un piédestal. Cet exercice aussi permet de mieux comprendre aussi ce que l’on appelle le « script familial » c’est à dire les attentes familiales transmises et les transmissions de rôles ect…
  • A partir de ce travail amorcé sur le génogramme, vous pourrez proposer l’ELABORATION DE LA VALISE A RESSOURCES comportant 3 « compartiments » amenant la personne à réfléchir sur sa propre composition à elle:
  1. Quelles sont les ressources/valeurs dont elle a pris/hérité de sa famille?
  2. Quelles sont les ressources/valeurs qu’elle a cultivé par elle- même, et ne venant pas d’un membre de sa famille?
    3. Quelles sont les ressources/valeurs qu’ elle a emprunté à des amies/collègues ou personnes significatives extérieures à sa famille ( artiste, écrivain, ect…)?

Pour permettre cette réflexion autour des valeurs, quelques outils peuvent vous être utile. Pour ma part, j’ai été à la rencontre du livre « Je suis comme je suis » d’Isabelle Nazare Aga qui reprend la définition des valeurs et également des « contre valeurs » . Ainsi qu’ un jeu de cartes intitulé  » valeurs ajoutées » , jeu conçu par Anna Edery, Marie Edery et Manuel de Sousa; qui regroupe 7 familles de 7 valeurs et 3 jokers, c’est une manière ludique de découvrir les valeurs avec la personne et lui permettre de construire sa valise à ressources. Là encore les possibilités en terme de formes sont libre à chacun.

  • Et enfin QUELQUES QUESTIONS EN OUVERTURE pourraient venir clôturer cet accompagnement : « Lorsque vous êtes en difficulté, quelle ressource/valeur  » vous actionnez, dans ces 3 compartiments? « Vous correspond t elle? ou voulez-vous la changer? »
    …et à partir de cette valeur, quelle action vous permet de la concrétiser dès demain?

Voilà en espérant que cela vous parle 🙂 A adapter évidemment en fonction de la capacité d’attention et de mobilisation de la personne. Des séances courtes et ludiques avec du matériel peuvent s’organiser. L’idée est d’amener la personne à réfléchir à toutes les ressources qu’elle a en elle.

Merci de m’avoir lu! Virginie

Boîte à outils pour aborder le sujet de la vie intime et sexuelle ( enfants, adolescents, adultes)

J’écris cet article pour répertorier quelques outils et ressources pour enclencher un travail autour de la vie intime et sexuelle chez un enfant , adolescent et/ou adulte handicapé nécessitant un accompagnement spécifique.

En premier lieu, pour accompagner sur ce sujet, on ne serait que trop conseiller de ne pas être seul et de se rapprocher des professionnels qui dans le cadre de l’exercice de leur travail sont amenés à aborder et à traiter le sujet de la sexualité. Dans le domaine de la sexologie: vous trouverez un professionnel sur le site du syndicat national des sexologues cliniciens: snsc.fr. Dans le domaine de la santé publique, il y a le planning familial: https://www.planning-familial.org/fr.

Cet article concerne l’accompagnement éducatif d’un public avec des besoins spécifiques comme l’ autisme, la déficience intellectuelle, le trouble de l’attention, les troubles psychiques, ou la jeunesse en général ect. Le travailleur social en exercice indépendant ou en institution a aujourd’hui de nombreuses pistes qui s’offrent à lui. Sheila WAREMBOURG, formatrice en sexologie et en santé publique préconise l’action suivante :

  • Commencer dès le plus jeune âge un cahier sur le principe d’un cahier à thématique avec la photo de l’enfant et sa silhouette. Cet outil nous explique t elle peut servir de support dès l’enfance pour accompagner les notions élargies d’hygiène, de corps, d’émotions et de permettre d’apprivoiser la puberté avant qu’elle n’arrive. Ce cahier permet de mettre des MOTS et des IMAGES sur les parties du corps, les émotions, les réactions ect…

Pour construire ce cahier, de nombreux supports graphiques sont accessibles sur la toile:

  • santé BD (santebd.org): un site internet mettant à disposition gratuitement des planches BD pour travailler tout ce qui concerne les rdv médicaux. Il y a une planche sur la puberté.
  •  » Des femmes et des Hommes » Mallette pédagogique payante mais dont vous trouvez 118 pages gratuites d’illustrations issues de la toute première édition de la mallette et qui suite à la nouvelle édition de la mallette, est partagé gratuitement:https://docs.google.com/viewerng/viewer?url=https://cerhes.org/wp-content/uploads/free-downloads-files/temp-files/01107028700.pdf
  • Les pictogrammes accessibles gratuitement sur le site: https://sclera.be/fr/vzw/home dans la catégorie corps , sexualité: de nombreux pictos simples sur toute les notions concernant la sexualité: ex: préservatif, utérus, contraction , toucher intime désiré, toucher intime non désiré , hétérosexualité, homosexualité …
  • Concernant le sujet de la masturbation: sexo solo: un site destiné aux accompagnants https://www.sexo-solo.com/
  • Associations qui militent pour l’aidant à la sexualité: Corps solidaires association suisse romande qui regroupent des assistants et assistantes sexuelles: https://corps-solidaires.ch/, APPAS Libertés Egalité Sexualités : site accessible au plus de 18 ans:https://www.appas-asso.fr/#
  • APF France Handicap a une site rubrique regroupant articles, livres, films traitant de la sexualité: http://www.chs-ose.org/
  • Manuel SEX EDUCATION: à destination de toutes et tous. Ce manuel est très bien fait, dynamique, inclusif, frais et dans l’air du temps avec de magnifiques photos de Charlotte Abramov. Vous trouverez le manuel de 35 pages en format pdf ici: https://sexeducation.fr/assets/data/le_petit_manuel_sex_education.pdf
  • le site Hoptoys est un site généraliste regroupant des jeux, supports pour enfants, ados, adultes avec besoins spécifiques: https://www.hoptoys.fr/
  • Site généraliste avec des informations de santé publique destiné à la jeunesse: « on sex prime » : https://www.onsexprime.fr/
  • Pour les plus jeunes: des poupées sexuées  » Anatole » sont actuellement en test en Alsace. Les premières poupées sexuées fabriquées en France seront bientôt disponibles à la vente.
  • d’autres outils peuvent se trouver en commerce également , les grandes surfaces peuvent sortir des jeux qui peuvent tout à fait servir à un travail éducatif…
  • l’application tumeplay . initiative du ministère de la santé et des solidarités, l’application est destiné à la prévention en matière de sexualité pour les 13-25 ans : https://tumeplay.fabrique.social.gouv.fr/
  • je termine cette liste avec mon petit coup de cœur: c’est un livre jeunesse:  » Des femmes et des hommes » Un livre militant qui renverse les questions de genre et appelle à une véritable égalité filles-garçons https://www.ruedelechiquier.net/jeunesse/264-des-femmes-et-des-hommes.html . Si vous êtes curieux, je vous invite à vous intéresser à l’histoire de ce livre publié initialement entre 1977-1978….

Vous l’aurez compris, l’essentiel est de collecter des outils et de les avoir sous la main quand la situation arrive.

Ne l’oubliez pas… l’idéal est de commencer dès l’enfance et de ne pas attendre les problématiques pour proposer ces outils 🙂

En espérant que cet article servira. N’hésitez pas à me le faire savoir 🙂

Virginie

L’art du Journaling ( diarisme) : L’histoire de vie et tenir son journal intime

L’histoire de vie, comme le journal, peuvent être des outils qui permettent de construire des liens entre des choses, des évènements, des concepts. Comme nous le raconte Rémi HESS dans son livre « La pratique du journal, l’enquête au quotidien » ( Ed. Téraèdre): il s’agit de garder une trace de la succession des choses que l’on fait, que l’on vit que l’on découvre…« 

Que pouvons-nous écrire? on n’écrit que ce que l’on vit et ce que l’on ressent. le principal sujet c’est donc la vie, notre vie. Guy de Maupassant dans la préface de « Pierre et Jean » nous déploie son explication très efficace de la vie: La vie, écrit il, est composée des choses les plus différentes, les plus imprévues, les plus contraires, les plus disparates; elle est brutale, sans suite, sans chaîne, pleine de catastrophes inexplicables, illogiques, et contradictoires qui doivent être classées au chapitre des faits divers.[…]… La vie encore laisse tout au même plan, précipite les faits ou les traîne indéfiniment.

Ainsi écrire est un projet d’action émancipatrice.

Plusieurs courants de recherche et de pratique de l’histoire de vie, peuvent être notés:

– Le premier courant correspond à L’association internationale des histoires de vie en formation ( ASIHVIF): Les praticiens et les chercheurs qu’il regroupe, se définissent essentiellement dans leur rapport au champ de la formation, plus particulièrement de la formation pour adultes. Avant d’être institué définitivement par Gaston PINEAU, Pierre DOMINICE, Guy DE VILLERS et Guy JOBERT, le courant de l’histoire de vie a été marqué par deux initiatives individuelles qui les ont précédé:

– En France Henri DESROCHE ( 1914-1994) a crée la démarche de l’autobiographie raisonnée comme méthode d’accouchement ou de maïeutique de projets de recherche portés par des adultes. Alex LAINE , docteur en sciences de l’éducation, dans son livre Faire de sa vie une histoire , nous explique que la méthode de DESROCHE a le souci d’aider celui qui le consulte à identifier le projet qui est le sien et qui est rarement tout à fait clair en son esprit. c’est à cette fin que le porteur du projet est invité à dire et travailler son parcours , ses expériences.

Pour précision la maïeutique est la méthode utilisée par Socrate pour faire accoucher les âmes de ses vis-à-vis des savoirs dont ils étaient porteurs à leur insu , et cela par l’intermédiaire du dialogue et du questionnement socratiques.

– De son côté Gaston PINEAU va axer sa recherche sur la valeur d’autoformation que contiennent la vie quotidienne et l’expérience ordinaire. A savoir que le sujet ne se forme jamais aussi bien et aussi pleinement que lorsque le processus de formation procède d’un projet dont il a lui-même décidé. Elle contient l’idée que plus le sujet a identifié ce qui a été formateur par le passé, plus il est en mesure de se former et de s’autoformer dans le présent et l’avenir. C’est le mélange d’une identification à la fois de ce que j’ai appris et de la manière dont je l’ai appris.

Comme je l’ai écrit plus haut, l’histoire de vie s’inscrit dans le processus de formation pour adultes.

Dans l’ère du « prêt-à-former » que nous traversons, Les histoires de vie sont des cibles privilégiées dans la quête des nouveaux instruments du marché de la formation pour adultes. Alex LAINE invite à ne pas se laisser happer par une approche toute techniciste des histoires de vie. il invite à prendre en compte un certain nombre de précautions et de dispositions méthodologiques et déontologiques. Alex LAINE évoque particulièrement dans la « guidance  » d’histoires de vie à marche forcée avec une démarche que l’on impose aux publics visés sous prétexte que c’est bon pour eux, en ne leur donnant ni la possibilité de refuser de s’y engager, ni la possibilité de négocier les modalités techniques et déontologiques de leur implication.

Ainsi écrire doit rester une proposition et un acte libre , tout comme le choix de partager l’écrit ou pas.

L’acte émancipateur réside dans cette liberté et dans la conscientisation qui en découle. On apprend moins lorsqu’on est guidé, on apprend davantage lorsqu’on est en roues libres et avec un savoir non induit par une autre personne. L’art de la formation et de l’enseignement reste un art complexe. Il reste toujours important de bien choisir son formateur en la matière. Celui qui nous permettra de révéler notre propre savoir et non le sien.

Moins je sais ce dont je suis capable, moins je puis le mettre en œuvre et plus je suis soumis à la représentation dominante du savoir académique. Dès lors, au contraire, que je reconnais la valeurs de mes savoirs et de mes expériences, j’entre dans ce processus d’autoformation que Gaston PINEAU définit comme processus d »appropriation de son pouvoir de formation, mais qui est aussi appropriation de son pouvoir de création et d’autocréation.

Merci de m’avoir lu!

Virginie

Le téléphone avec une personne autiste

Urban Phone de ds Kamara

Pendant le confinement, comme tout à chacun, j’ai dû réorganiser ma manière de travailler et je voudrais ici parler un peu du travail enclenché auprès d’un jeune que je vais appeler Nicolas.

Nicolas a 17 ans et est autiste sans déficience intellectuelle . Je l’accompagne depuis un an et demi. Dès le début du confinement , la maman m’oriente vers la piste d’un travail autour du téléphone. Comme beaucoup d’autiste, Nicolas est peu adepte de ce moyen de communication. Il a un téléphone mais il ne s’en sert pas. Il est souvent déchargé. Il a ce téléphone, je pense uniquement pour l’urgence lorsqu’il doit appeler ses parents, si il y a un problème dans la journée.

Au départ, je me suis dit  » ok, bon c’est un challenge mais après tout, autant essayer des choses car on ne sait pas combien de temps ce confinement durera ». J’ai réfléchis à ce que je voulais faire et ce que je voulais proposer à Nicolas avec le téléphone. Très tôt j’ai mis en place certaines règles qui ont permis à Nicolas d’avancer de façon très favorable et au delà même de l’objectif du téléphone.

Je vais retranscrire les idées principales:

– la première règle était qu’il devait m’appeler sur un temps que nous définissions ensemble. Je partais du postulat que réaliser un appel était tout à fait dans ses cordes et que cela restait adapté et dans une perspective intéressante liée à son âge et à ses capacités. C’était important pour moi de ne pas tomber dans « je t’appelle et tu décroches ». J’avais vraiment en tête de le mettre en action de ces appels téléphoniques. Les débuts furent difficiles car Nicolas n’appelait pas ou pas à l’heure ou pas le bon jour. Mais parmi cela il y avait des appels passés au bon moment et donc m’encourager à maintenir ce cadre. Afin de pouvoir l’aider à respecter ses rdv téléphoniques, j’ai introduit dans un premier temps, la relance par sms. cela fonctionnait parfois mais d’autres fois, il était occupé à faire autre chose! Ensuite j’ai mis en place l’envoi du sms pour lui notifier la date du prochain appel. Convenir d’un prochain temps d’appel, nous le faisions évidemment à l’oral à la fin de chaque appel mais le fait que je l’écrive en sms a considérablement permis à Nicolas de se  » rappeler » et d’honorer de plus en plus les rdv téléphoniques. Jusqu’à ne plus en oublier un.

– la deuxième règle était de proposer une discussion dans laquelle Nicolas était coutumier. C’est une discussion favorisant les « habiletés sociales » et que d’habitude nous faisons lors de l’intervention. La consigne de cette discussion bien connue de Nicolas est la suivante: Nicolas doit aborder par une question ou un début de conversation une thématique bien précise que je lui donne en général au tout début de l’intervention. Il a alors les 2 h de l’intervention pour enclencher des questions ou des conversations à ce sujet. Il s’agit de thématiques générales comme l’environnement, les transports, le sport, l’école, la famille ect…Ajouté à cela, je lui ai ajouté comme consigne une thématique d’ordre général qui a comme objectif de demander comment ça va, comment s’est passé le Week end par exemple. Cela faisait 6 mois que Nicolas s’exerçait à ces deux consignes qu’il avait tout à fait intégré. Dans le process, j’ai pris l’habitude de lui dire constamment où il en était rendu à savoir  » pour ta thématique générale , tu es à 3/5 et ta thématique du jour 2/5″ Cela peut paraitre très cadré mais ceux qui travaillent avec des autistes savent que ce n’est pas un détail anodin car il s’agit pour Nicolas d’un effort de concentration que de communiquer donc il faut rythmer l’effort et bien sûr encourager en renvoyant par exemple les questions et en lui faisant également la discussion. Bref Nicolas connaissant depuis 6 mois ces deux consignes, c’est naturellement que je lui ai proposé ce contenu rassurant pour lui, lors de nos appels téléphoniques. Etant très à l’aise avec ce contenu, c’est à dire ayant acquis vraiment une capacité à poser des questions sur des thématiques relativement faciles, je lui ai proposé au bout d’un mois et demi de confinement, des thématiques plus abstraites en lien avec des ressentis, des émotions. exemple: l’ ennui, le manque, la joie… Nicolas s’est bien prêté à l’exercice car il avait acquis vraiment des automatismes sur les questions à poser dont il s’est servi. même effectivement ces thématiques ne sont pas des thématiques favorites.

– la troisième règle était d’apporter un soin particulier au début de l’appel et à la fin . Puisque c’était lui qui appelait, le travail considérable s’est fait au tout début du confinement lorsqu’il appelait. C’était de long silence et l’attente que j’enchaine sur le début de l’appel. C’est donc volontairement que je parlais peu pendant les début d’appel. je reprenais la parole pour lui expliquer comment pouvait s’enclencher un début de conversation d’appel. Car au delà du « c’est moi… » il n’arrivait pas à enchainer. C’est donc dans l’accompagnement de ces tout début d’appel, que j’ai accès mon effort de faire silence et ma guidance orale pour l’amener à trouver un début d’appel qui soit cohérent . Ainsi est apparu le « bonjour  » pui le bonjour Virginie  » et enfin petit à petit est venu, « bonjour Virginie , c’est moi… » jusqu’à n’avoir pour ma part, plus rien à rajouter puisqu’il enchainait directement avec  » bonjour Virginie, c’est Nicolas, comment ça va? » cela a bien pris un mois… La fin de l’appel téléphonique quant à elle, a été travaillé de la même manière

Au fur et à mesure des appels téléphoniques ( 2 appel de 30 minutes par semaine) , j’ai ressenti Nicolas plus à l’aise, plus en confiance avec l’outil du téléphonique. Le fait qu’il réussisse d’appeler à la bonne heure et au bon jour était déjà une sacrée étape et enfin qu’il investisse l’appel avec son contenu fut aussi une sacrée surprise. Avec vraisemblablement pas mal de joie puisque l’on a pas mal rigolé durant ces séances téléphoniques.

– Voyant la confiance débordante de Nicolas, j’ai saisi l’occasion de lui proposer au bout d’un mois, un visio par whats app. avec le même contenu (thématique générale et thématique du jour) . Très content de pourvoir voir, il a bien apprécié ces visios et c’était aussi l’occasion pour lui de me montrer certaines choses dans son environnement et ce qu’il vivait pendant son confinement: exemple: une branche tombée lors d’une tempête, des travaux dans la maison, son chat… Je l’ai senti investi dans ces appels visios.

– A coté de ces appels téléphoniques et visios, j’ai mis en place quelques échanges sms et mails qui ont été peu nombreux .Pour le sms, Nicolas a adopté en règle générale, le relfexe de répondre au sms mais là encore il a fallu que je l’accompagne pour qu’il y trouve le sens. Quant au mail, j’ai échangé de façon ludique ( charades et mail centré sur sa passion de la voile) et les réponses mails de Nicolas ont été lentes mais elles ont été faites. Mais ces deux points, je pense peuvent être davantage travaillés.

Pour conclure, je dirai que la situation de confinement, et la mise ne place de ces deux appels téléphoniques par semaine, a vraiment permis à Nicolas d’investir cet outil inconnu pour lui qu’est le téléphone. Il s’en est saisi de façon autonome en réalisant il y a une semaine, un visio avec son grand père. Toute la famille a pu constater le changement de regard et d’utilisation que Nicolas a eu avec son téléphone. Le résultat est tellement probant que j’envisage de poursuivre ces séances de téléphone bien après le déconfinement.