Autisme en ligne ( formation inclusion scolaire autisme)

Le projet autisme en ligne s’adresse à des professionnels, notamment des enseignants de classe ordinaire de l’école élémentaire, et vise à mettre à leur disposition une plateforme d’autoformation d’accès gratuit et ouvert.

Il s’agit de diffuser des savoir-faire pédagogiques, didactiques, pour favoriser l’inclusion des élèves présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). La plateforme autisme-en-ligne.eu peut également être un outil de formation pour les accompagnants des élèves autistes ainsi que pour les parents.

Le contenu de cette plateforme, en français et en anglais, fournit aux professionnels et aux parents des pistes pédagogiques pour travailler auprès des élèves présentant un TSA. Des supports (notamment des vidéos de pratiques avec leur analyse) sont produits à des fins de formation.

Une médiathèque est disponible sur la plateforme, qui reprend les travaux de recherche sur lesquels s’appuie le contenu de formation ainsi que d’autres outils et guides en lien avec les thématiques abordées dans autisme-en-ligne.eu.

Canal autisme ( formation autisme, ABA, Montessori)

Canal Autisme est un site qui propose des formations gratuites concernant l’autisme, l’ABA, et la methode Montessori.

Canal Autisme c’est un dispositif innovant qui vise à faciliter l’inclusion scolaire des enfants autistes en favorisant la formation gratuite des accompagnants (qu’ils soient parents, enseignants, AVS/AESH, paramédicaux et toute autre partie prenante) aux méthodes éducatives, comportementales, et de développement tout en créant une communauté solidaire qui œuvre au partage et à la mise à disposition des ressources.

Voici les formations gratuites proposées par Canal Autisme ( cliquez sur les formations)
Autisme – ABA
Comprendre le fonctionnement autistique et pointer les incidences sur les apprentissages
ABA (Analyse Appliquée du Comportement) – Initiation 
 
La Communication Améliorée et Alternative
Module 1 : les spécificités du langage et de la communication dans les troubles du spectre autistique
Module 2 : les outils de CAA : initiation
Module 3 : les outils de CAA : approfondissement
Créer des liens : des relations de partenariat pour réussir la scolarité et l’inclusion 
 
Prévention et gestion des troubles du comportement
Module 1 : les comportements-défis : analyse, prévention, intervention
Module 2 : les comportements-défis : quand la prévention a échoué, agir sur les conséquences
Module 3 : les comportements-défis : applications spéciales en classe 
 
Approche de la méthode Montessori
Module 1 : vie sensorielle et vie pratique
L’inclusion de quoi est-il question ?
Autisme et handicap : démarche et droits ? 
 
Autisme et enseignement supérieur
Module d’introduction à destination des universités (réalisé en partenariat avec l’Université de Tours)  >> NOUVEAU <<
Module 1 : Sensibilisation & compréhension  >> NOUVEAU <<
Module 2 : Autisme et enseignement supérieur >> NOUVEAU <<

Hoptoys Chaine Youtube ( Handicap et inclusion)

La chaine Youtube du site internet HOPTOYS vous propose une rubrique des sessions live abordant de nombreux thèmes:

  • Comment accompagner nos enfants dans ce contexte incertain?
  • Atelier de cuisine adapté
  • Atelier de signes associés à la parole
  • Comment réussir votre projet d’intégration sensorielle
  • les enjeux de Noël pour les personnes TSA
  • 2 exercices pour aider les enfants à s’auto-réguler
  • Créer une salle snoezelen à la maison
  • ect…

Centre Ressource Autisme Ile de France ( CRAIF) ( Formations sur l’autisme)

Les Centres de Ressources Autisme (CRA) sont des structures médico-sociales à vocation régionale définies par la circulaire interministérielle n° 2005-124 du 8 mars 2005. En 1999, quatre centres de ressources sur l’autisme sont créés à titre expérimental à Brest-Nantes, Reims, Tours et Montpellier. Aujourd’hui, il existe 26 CRA dans toute la France.

Financé par l’Agence Régionale de Santé Île-de-France, le CRAIF est géré par l’association PEPA (Parents et professionnels pour l’autisme en Île-de-France). Composé de 26 membres, le Conseil d’administration de l’association est réparti en deux collèges de treize membres chacun :

  • un collège de représentants de parents,
  • un collège de représentants de professionnels.

Un comité scientifique et technique émet un avis et éclaire les choix et les décisions de la PEPA. Il est constitué d’experts et de personnes compétentes dans différents domaines (recherche, clinique…).
Aussi, un Conseil d’Orientation Stratégique, composé de personnes bénéficiaires des services du CRAIF, a été mis en place pour contribuer par ses avis et ses propositions à la participation des bénéficiaires de l’action du CRAIF, au respect des droits des usagers et à l’exercice des missions du CRAIF.

Le CRAIF recense des formations et des sensibilisations destinées aux professionnels de santé, médico-sociaux, éducatifs, associatifs, etc. organisées par des partenaires.
Certaines fois, le CRAIF assure lui-même des sessions de sensibilisation et de formation. Ces sessions de sensibilisation et de formation s’appuient sur la Stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles neurodéveloppementaux (TND) 2018-2022 et sur les recommandations de bonnes pratiques les plus récentes de la HAS/ANESM concernant les TSA.

EFlap est une plateforme de formations sur l’autisme destinés aux professionnels:

L’hyper/hypo sensibilité: la boite à outils

Face à un trouble du traitement sensoriel qui touche quasiment toutes les personnes avec Autisme, que peut on mettre en place?

Ce que j’aurai envie de dire en premier lieu c’est de respecter et d’écouter la personne qui exprime ces troubles. Ne pas minimiser. Les expériences d’immersion ( vidéos) contenues dans la première partie de cet article suffisent à comprendre qu’il s’agit d’un grand handicap de tous les jours: à voir ici: https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/01/23/lhyper-hypo-sensibilite-quest-ce-que-cest/

La boite à outils est diverse. Elle peut ne pas être évidente d’accès en fonction de là où on exerce ( cabinet, domicile, institution). Néanmoins, je serai tenté de dire que les outils présentés ici peuvent être proposés par tous professionnels et peuvent même s’improviser et être fabriquer avec l’enfant/l’ado/l’adulte. En établissant une relation de confiance et en créant de façon ludique la rencontre de l’enfant/ l’ado/l’adulte avec ces outils, cela participe à l’évolution de leur perception . A nous de voir quelle proposition faire aux jeunes que nous suivons, en fonction des moyens que nous avons:

  • Prismes sonores: Généralement, les personnes avec autisme présentent des particularités auditives qui sont plus en moins intenses. De façon classique, on retrouve une faible attention à la voix parlée et des réactions fortes à certains bruits d’objets (aspirateur, moto, mixeur, etc.). L’intérêt annoncé de ce jeu est d’entraîner les capacités d’attention (d’écoute) et de discrimination auditive (capacité à distinguer les sons). Toutes les infos ici: https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/31-prismes-triangulaires-sonores
  • Toucher Carré: Si la personne saisit des objets du bout des doigts, est gênée par le contact avec la pâte à modeler ou le sable, celle-ci présente probablement une hyper sensibilité palmaire. Ce jeu pourra contribuer à ce qu’elle s’habitue (sans appréhension et gêne) à traiter les informations tactiles provenant des objets.https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/17-toucher-carre
  • Serpent vibrant: Cet outil peut aider à éveiller les sensations proprioceptives chez des personnes présentant une hypo réactivité proprioceptive, c’est à dire adoptant des postures inhabituelles, recherchant des sensations corporelles (provoquer des contacts forts avec des surfaces, s’enrouler dans une couverture, etc.).https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/14-serpent-vibrant
A la Rochelle ( 17000) Rémy Ramadour, président et co-fondateur de la startup Ullo a créer inner garden: un concept avec du sable kinetic : il sagit de pouvoir réguler des états physiologiques, cognitifs et émotifs des personnes grâce à des approches non médicamenteuses. Inner garden est un bac à sable cinétique, le patient manipule le sable et crée un paysage ; une caméra détecte les profondeurs, puis un vidéoprojecteur projette des couleurs (bleu pour l’eau, etc.) créant un paysage. Il est possible animer le paysage, avec une ceinture qui capte la respiration. Le patient est distrait sensoriellement (par le son : avec le bruit des vagues, par la vue avec les couleurs, par le toucher avec le sable) donc les pensées ruminantes baissent, la personne est cognitivement plus disponible ; on peut alors lui envoyer des informations à vocation thérapeutique. Par un capteur qui prend le pouls, on calcule le rythme de respiration qui s’affiche sur les rayons du soleil à gauche. Le patient doit respirer à ce rythme. La variabilité cardiaque apparaît alors sur l’arc en ciel. Leur site: https://ullo-world.fr/website/fr/
  • Oeuf masseur: Cet outil peut aider à éveiller les sensations proprioceptives chez des personnes présentant une hypo réactivité proprioceptive, c’est à dire adoptant des postures inhabituelles, recherchant des sensations corporelles (provoquer des contacts forts avec des surfaces, s’enrouler dans une couverture, etc.).https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/12-oeuf-masseur
  • Dalles sensorielles: Ces dalles, disposées en parcours, sont généralement utilisées pour améliorer la sensibilité plantaire: – En cas d’hyper sensibilité (ne supporte pas de marcher pieds nus dans le sable ou dans l’herbe…), on va habituer la personne à marcher sans appréhension et sans gêne sur ces dalles pour abaisser son seuil de réactivité. Il est préférable de commencer par les textures appréciées et aller progressivement vers les textures initialement aversives. – En cas d’hypo sensibilité, on va chercher à éveiller le sens du toucher en explorant des contrastes entre les textures. L’usage du masque permet de concentrer l’attention de la personnes vers ses sensations tactiles.https://www.cra-centre.org/sensorialite/index.php/materiel/item/7-dalles-sensorielles

Le téléphone avec une personne autiste

Urban Phone de ds Kamara

Pendant le confinement, comme tout à chacun, j’ai dû réorganiser ma manière de travailler et je voudrais ici parler un peu du travail enclenché auprès d’un jeune que je vais appeler Nicolas.

Nicolas a 17 ans et est autiste sans déficience intellectuelle . Je l’accompagne depuis un an et demi. Dès le début du confinement , la maman m’oriente vers la piste d’un travail autour du téléphone. Comme beaucoup d’autiste, Nicolas est peu adepte de ce moyen de communication. Il a un téléphone mais il ne s’en sert pas. Il est souvent déchargé. Il a ce téléphone, je pense uniquement pour l’urgence lorsqu’il doit appeler ses parents, si il y a un problème dans la journée.

Au départ, je me suis dit  » ok, bon c’est un challenge mais après tout, autant essayer des choses car on ne sait pas combien de temps ce confinement durera ». J’ai réfléchis à ce que je voulais faire et ce que je voulais proposer à Nicolas avec le téléphone. Très tôt j’ai mis en place certaines règles qui ont permis à Nicolas d’avancer de façon très favorable et au delà même de l’objectif du téléphone.

Je vais retranscrire les idées principales:

La première règle était qu’il devait m’appeler sur un temps que nous définissions ensemble. Je partais du postulat que réaliser un appel était tout à fait dans ses cordes et que cela restait adapté et dans une perspective intéressante liée à son âge et à ses capacités. C’était important pour moi de ne pas tomber dans « je t’appelle et tu décroches ». J’avais vraiment en tête de le mettre en action de ces appels téléphoniques. Les débuts furent difficiles car Nicolas n’appelait pas ou pas à l’heure ou pas le bon jour. Mais parmi cela il y avait des appels passés au bon moment et donc m’encourager à maintenir ce cadre. Afin de pouvoir l’aider à respecter ses rdv téléphoniques, j’ai introduit dans un premier temps, la relance par sms. cela fonctionnait parfois mais d’autres fois, il était occupé à faire autre chose! Ensuite j’ai mis en place l’envoi du sms pour lui notifier la date du prochain appel. Convenir d’un prochain temps d’appel, nous le faisions évidemment à l’oral à la fin de chaque appel mais le fait que je l’écrive en sms a considérablement permis à Nicolas de se  » rappeler » et d’honorer de plus en plus les rdv téléphoniques. Jusqu’à ne plus en oublier un.

La deuxième règle était de proposer une discussion dans laquelle Nicolas était coutumier. C’est une discussion favorisant les « habiletés sociales » et que d’habitude nous faisons lors de l’intervention. La consigne de cette discussion bien connue de Nicolas est la suivante: Nicolas doit aborder par une question ou un début de conversation une thématique bien précise que je lui donne en général au tout début de l’intervention. Il a alors les 2 h de l’intervention pour enclencher des questions ou des conversations à ce sujet. Il s’agit de thématiques générales comme l’environnement, les transports, le sport, l’école, la famille ect…Ajouté à cela, je lui ai ajouté comme consigne une thématique d’ordre général qui a comme objectif de demander comment ça va, comment s’est passé le Week end par exemple. Cela faisait 6 mois que Nicolas s’exerçait à ces deux consignes qu’il avait tout à fait intégré. Dans le process, j’ai pris l’habitude de lui dire constamment où il en était rendu à savoir  » pour ta thématique générale , tu es à 3/5 et ta thématique du jour 2/5″ Cela peut paraitre très cadré mais ceux qui travaillent avec des autistes savent que ce n’est pas un détail anodin car il s’agit pour Nicolas d’un effort de concentration que de communiquer donc il faut rythmer l’effort et bien sûr encourager en renvoyant par exemple les questions et en lui faisant également la discussion. Bref Nicolas connaissant depuis 6 mois ces deux consignes, c’est naturellement que je lui ai proposé ce contenu rassurant pour lui, lors de nos appels téléphoniques. Etant très à l’aise avec ce contenu, c’est à dire ayant acquis vraiment une capacité à poser des questions sur des thématiques relativement faciles, je lui ai proposé au bout d’un mois et demi de confinement, des thématiques plus abstraites en lien avec des ressentis, des émotions. exemple: l’ ennui, le manque, la joie… Nicolas s’est bien prêté à l’exercice car il avait acquis vraiment des automatismes sur les questions à poser dont il s’est servi. même effectivement ces thématiques ne sont pas des thématiques favorites.

La troisième règle était d’apporter un soin particulier au début de l’appel et à la fin . Puisque c’était lui qui appelait, le travail considérable s’est fait au tout début du confinement lorsqu’il appelait. C’était de long silence et l’attente que j’enchaine sur le début de l’appel. C’est donc volontairement que je parlais peu pendant les début d’appel. je reprenais la parole pour lui expliquer comment pouvait s’enclencher un début de conversation d’appel. Car au delà du « c’est moi… » il n’arrivait pas à enchainer. C’est donc dans l’accompagnement de ces tout début d’appel, que j’ai accès mon effort de faire silence et ma guidance orale pour l’amener à trouver un début d’appel qui soit cohérent . Ainsi est apparu le « bonjour  » pui le bonjour Virginie  » et enfin petit à petit est venu, « bonjour Virginie , c’est moi… » jusqu’à n’avoir pour ma part, plus rien à rajouter puisqu’il enchainait directement avec  » bonjour Virginie, c’est Nicolas, comment ça va? » cela a bien pris un mois… La fin de l’appel téléphonique quant à elle, a été travaillé de la même manière

Au fur et à mesure des appels téléphoniques ( 2 appel de 30 minutes par semaine) , j’ai ressenti Nicolas plus à l’aise, plus en confiance avec l’outil du téléphonique. Le fait qu’il réussisse d’appeler à la bonne heure et au bon jour était déjà une sacrée étape et enfin qu’il investisse l’appel avec son contenu fut aussi une sacrée surprise. Avec vraisemblablement pas mal de joie puisque l’on a pas mal rigolé durant ces séances téléphoniques.

– Voyant la confiance débordante de Nicolas, j’ai saisi l’occasion de lui proposer au bout d’un mois, un visio par whats app. avec le même contenu (thématique générale et thématique du jour) . Très content de pourvoir voir, il a bien apprécié ces visios et c’était aussi l’occasion pour lui de me montrer certaines choses dans son environnement et ce qu’il vivait pendant son confinement: exemple: une branche tombée lors d’une tempête, des travaux dans la maison, son chat… Je l’ai senti investi dans ces appels visios.

– A coté de ces appels téléphoniques et visios, j’ai mis en place quelques échanges sms et mails qui ont été peu nombreux .Pour le sms, Nicolas a adopté en règle générale, le relfexe de répondre au sms mais là encore il a fallu que je l’accompagne pour qu’il y trouve le sens. Quant au mail, j’ai échangé de façon ludique ( charades et mail centré sur sa passion de la voile) et les réponses mails de Nicolas ont été lentes mais elles ont été faites. Mais ces deux points, je pense peuvent être davantage travaillés.

Pour conclure, je dirai que la situation de confinement, et la mise ne place de ces deux appels téléphoniques par semaine, a vraiment permis à Nicolas d’investir cet outil inconnu pour lui qu’est le téléphone. Il s’en est saisi de façon autonome en réalisant il y a une semaine, un visio avec son grand père. Toute la famille a pu constater le changement de regard et d’utilisation que Nicolas a eu avec son téléphone. Le résultat est tellement probant que j’envisage de poursuivre ces séances de téléphone bien après le déconfinement.