Jean PIAGET , théoricien du développement cognitif de l’enfant

Jean PIAGET: de son nom complet Jean William Fritz Piaget, né le 9 août 1896 à Neufchâtel en Suisse et mort le 16 septembre 1980 à Genève, est un biologiste, psychologue, logicien et épistémologue suisse connu pour ses travaux en psychologie du développement et en épistémologie à travers ce qu’il a appelé l’épistémologie génétique (ou structuralisme génétique). L’éclairage qu’il apporte sur l’« intelligence », comprise comme une forme spécifique de l’adaptation du vivant à son milieu, sur les stades d’évolution de celle-ci chez l’enfant et sa théorie de l’apprentissage exerceront une influence notable sur la pédagogie et les méthodes éducatives. Il a obtenu plus de 30 doctorats dans différentes universités à travers le monde. Il fondera en 1955 le centre international d’épistémologie génétique. Il a rédigé une soixantaine de livres et plusieurs centaines d’articles.

Jean PIAGET se déclarait être constructiviste c’est à dire qu’il pensait que la connaissance est affaire de continuelles constructions nouvelles, par interaction avec le réel et et que ces construction ne sont pas préformées: il y a selon sa théorie, créativité continuelle. Ainsi pour PIAGET la connaissance n’est pas préformée ni dans les objets, ni dans les sujets mais qu’il demeure toujours auto-organisation et par conséquent continuelles constructions et reconstructions.

Selon Jean PIAGET, le savoir n’est pas régit par une maturation interne ou un enseignement externe. C’est une construction active dans laquelle l’individu construit progressivement des structures cognitives de plus en plus complexes à travers ses propres activités.

Découvrez dans ce documentaire , Jean PIAGET qui explique les expériences qui lui ont permis de forger sa théorie.

Pour ceux qui souhaitent découvrir de façon simple, les différents stades de développement de PIAGET, je vous invite à découvrir cet article: http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/psychiatrie/enfant/therapie/piaget.htm

Est ce que je peux être moi ou est ce que je dois être toi? Héritage familial, boite à outils pour aller mieux…

Nos origines et héritages sont de grands pourvoyeurs de stress. En ce sens , connaître, analyser et nettoyer notre généalogie ou système familial est un exercice bénéfique pour nous même et pour tous les membres de notre famille présente, passée, et à venir. Ce travail transforme le passé douloureux consommateur d’énergie en présent vivant créateur de liens harmonieux. Vous pouvez trouvez la première partie de mon article décrivant l’héritage familial ici: https://virginieeducatricelarochelle.com/2021/01/02/est-ce-que-je-peux-etre-moi-ou-est-ce-que-je-dois-etre-toi-lheritage-familial-en-question/

A vous de puiser dans la boite à outils suivante, toute l’inspiration du changement que je vous souhaite :

  1. Dressez votre génosociogramme: faites vous accompagner par un professionnel
  2. Nettoyer votre système familial: Libérez les sauveteurs, les victimes et les persécuteurs et rendre les fardeaux à qui de droit: l’outil de la lettre à ne pas envoyer est ici à conseiller
  3. Retracez votre trajectoire personnelle de stress: retracez les circonstances et environnement de votre conception, la trajectoire de votre petite enfance, enfance, adolescence et vie personnelle, amoureuse et professionnelle vécue jusqu’ici: faites vous accompagner par un professionnel
  4. Déployez votre potentiel et mettez vos talents en action: La plus belle rencontre que vous puissiez faire c’est vous-même. Être bien avec soi-même est la seule voie pour être bien avec les autres. C’est un puissant anti-stress. Offrez-vous un bonne hygiène de vie en évitant les excitants, en pratiquant une activité physique, culturelle, artistique en vous fixant des défis . Prenez le temps pour vous chouchouter. Apprenez à écouter votre corps et votre psychisme. Eliminez les situations conflictuelles. Engagez vous dans une cause… Entrainez vous à vous libérer de vos conditionnements: établissez des listes de ce que vous souhaitez conserver et ce que vous souhaitez changer, établissez des actions à réaliser en lien avec la première liste, acceptez ce qui est et ce qui a été, choisissez de vous libérer des répétitions transgénérationnelles, visitez les lieux concernés par votre histoire familiale pour les rendre à la vie, incluez tous ceux qui ont été abandonnés ou exclus, remerciez pour l’énergie que vous recevez de vos ancêtres, faîtes la paix dans vos relations passées et présentes, prenez vos responsabilités de créateur(trice) de votre vie …. Pour faire équipe au mieux avec votre stress, tenez un journal de stress.
  5. Préceptes anti-stress au quotidien: privilégiez ce qui vous donne un sentiment d’accomplissement et de joie, faites attention à vous, soyez à l’écoute de vos besoins, constituez-vous un album de photos de souvenirs heureux, aimez-vous et aimez les autres: faites de ce sentiment le but et l’expression primordiale de votre existence ect…
  6. Améliorez votre communication: utilisez la reformulation afin d’éviter un maximum les distorsions de compréhension et d’interprétation et générateur de stress.
  7. Osez prendre votre place en ayant un objectif de vie à long terme: Echangez la montre pour la boussole: il n’y a jamais d’urgence, il n’y a que des gens pressés. Savoir où vous choisissez d’aller est un puissant anti-stress: Guidez vous avec quelques questions comme par exemple: quelle est la personne que vous aurez plaisir à être à 75, à 85 ,à 95 à 105 ans?/ quelles sont les valeurs, qualités sur lesquelles vous voulez être connu(e) et reconnu (e)?/ Décrivez vous en termes d’être, de valeurs, de mode de vie, d’environnement, de réalisation de soi, de rencontres, d’accomplissement…
  8. Autorisez-vous à quitter le système des attentes
  9. Reconnaissez le rôle que vous jouez dans votre famille
  10. Evitez le stress des systèmes : Listez tous les systèmes auxquels vous devez vous soumettre, analyser les contraintes qu’ils font peser sur vous et éliminez votre participation aux systèmes trop stressant, votre santé en dépend!
  11. Faites pétiller votre vie en évoluant dans votre zone de risque

En prenant votre vie en main, vous devenez consciemment créatreur(trice) de votre monde. Transformez vos fragilités en force en nettoyant vos lignées familiales. Fabriquez votre propre outils anti-stress et partagez-les. Plus nous ferons pétiller nos vies, plus nous évoluerons harmonieusement ensemble dans des systèmes équilibrés ou en voie d’équilibrage!

Vous pouvez retrouvez l’intégralité du détail de ces outils dans l’ouvrage écrit par Bernadette PICAZO  » Pour en finir avec les problèmes de stress », édition Chiron 2013. C’est un ouvrage qui aborde de façon originale le stress, par l’outil de la psychogenealogie, avec des conseils très pratiques, je vous le recommande chaleureusement!

Est ce que je peux être moi ou est ce que je dois être toi? L’héritage familial en question…

« Nos héritages ne sont pas uniquement constitués de meubles, de propriétés, de terres ou d’argent. Nos ascendants nous transmettent leurs fardeaux, leurs non-dits, des secrets, des fantômes, des évènements non achevés et des traumatismes. Ce sont autant de stress s’installant dans notre quotidien et dont nous ne mesurons pas les conséquences dans nos vies. Notre besoin d’appartenance à notre famille nous fait continuer et répéter ce que nous croyons ou percevons inconsciemment comme une obligation ou un geste de fidélité familiale.

Vivre c’est souffrir mais souffrir n’est pas vivre . Nous avons besoin de nous libérer des souffrances héritées, pour accéder à la réalisation de soi et être nous-mêmes. Porter le fardeau des autres perturbe gravement notre système de régulation. C’est un stress qui nous coûte de l’énergie et nous oblige à résister en permanence. Carl Gustav JUNG a démontré que l’individuation, la pulsion à devenir soi-même, le besoin de se réaliser animait chacun d’entre nous.

La psychogénéalogie est une des voies de libération des scénarios du passé menant à l’individuation. Notre génosociogramme sur 4 ou 5 générations nous offre la possibilité de découvrir notre histoire familiale et d’y rechercher ceux qui ont tenté de se réaliser. Si nos ancêtres se sont accomplis, nous n’avons qu’à suivre la grande avenue déjà ouverte et à mettre nos pas dans les leurs. Notre individuation est alors aisée.

Dans le cas contraire, certains d’entre nous doivent d’abord réparer le système familial avant de se réaliser eux-mêmes. Dans un premier temps, nous héritons de la vie de labeur ou l’échec de nos aïeux et nous reprenons inconsciemment leur fardeau par fidélité familiale. Les malheurs et injustices qui n’ont pas permis à nos ascendants de se réaliser doivent être entendus. Ce mouvement constitue un des premiers obstacles à lever sur le chemin de la réalisation de soi. L’énergie bloquée dans les valises des autres, que nous portons sans le savoir, attend que nous la libérions.

Porter, conserver les fardeaux des autres par amour, nous condamne à les répéter. Nous nous identifions à ceux qui les ont vécus et nous ne vivons pas notre vie. Le refus d’écouter notre inconscient nous met à sa merci, par le retour du refoulé. Avoir peur de vivre, c’est préférer rester dans un malheur connu plutôt que de changer et de chercher un bonheur inconnu.

De génération en génération, les secrets, les non-dits et le silence sont des violences faites aux systèmes familiaux, à la circulation de l’énergie et de l’amour entre les êtres.

Un évènement plus ou moins grave ou honteux peut devenir un secret entouré de non -dits. il est tabou, interdit, d’en parler. Son évocation par les membres de la famille et du groupe équivaut à une faute grave ou à une trahison pouvant aller jusqu’à l’exclusion du groupe. C’est une sorte d’omerta. Les mots concernant l’évènement sont soigneusement évités par fidélité ou par peur de celui ou de celle qui impose sa volonté aux autres.

La famille ou le groupe doit alors se disperser, car bloquer des énergies équivaut à figer tous les échanges dans le système. Il y a risque d’extinction de la lignée, de dissolution du collectif. Pour les membres du système, seul l’éloignement permet de mener une vie presque normale. Dès qu’ils reviennent ou entre en contact avec le système blessé, ils risquent d’être atteints eux mêmes. Dans tous les cas, la joie de vivre et la paix intérieure n’existent plus. la loi du silence est une très forte source de stress intense.

Le silence, les non-dits et le secret sont des maladies de la communication, des « mal à dire », sources de stress et de maladies physiques et mentales. » Bernadette ¨PICAZO ( Pour en finir avec les problèmes de stress, édition CHIRON, 2013)

Mais alors comment faire? Il faut penser à vous et à votre vie. Dans la seconde partie de mon article je vous apporte une boite à outils : https://virginieeducatricelarochelle.com/?p=1121

Toutes les vies se valent

Manon Vichy

«  » Un matin de juillet 2006, une petite fille que j’ai vu grandir dans sa différence depuis l’âge de deux ans, instant du diagnostic, s’est accrochée fortement à mon cou et a collé son corps tout contre le mien pour que nous entrions dans les vagues de l’océan. Dans la force de son agrippement, ce petit Être m’a transmis à fleur de peau , tout son désir et sa peur de l’eau, toute son envie et ses craintes de vie. Ce jour-là Sarah a conforté ma conviction d’éducateur selon laquelle toutes les vies se valent. »

A la naissance, Sarah est atteinte du syndrôme de Smith Magenis, une maladie rare. Il a fallu tout le courage de ses parents, Jean-Noël et Joke, pour surmonter les jugements des médecins et travailleurs sociaux qui soupçonnèrent des caprices là où, très tôt, Sarah signifiait de la souffrance par le biais de troubles du comportement. Il aura fallu toute la détermination d’un père et d’une père, souvent seuls face à un entourage de plus en plus hostile, pour que le vrai diagnostic soit enfin posé et que, avec l’aide d’autres spécialistes et d’autres travailleurs sociaux , commence pour eux la lutte en faveur du respect des droits fondamentaux de leur petite fille. Il suffit de quelques mots posés sur l’innommable, et donc sur l’incompréhensible, pour que disparaisse, non pas les troubles, mais la culpabilité d’avoir mis au monde un enfant si différent.

Aussi est-il grand temps que cesse la querelle entre le tout biologique ou le tout psychique afin que l’autre soit enfin perçu dans sa globalité et qu’il bénéficie de l’accompagnement éducatif nécessaire à son épanouissement; pour que, enfin, Maelis puisse prendre par la main sa petite soeur Sarah sans qu’elle ait à supporter le poids des regards, et que toute les deux, avec l’aide de leurs parents, elles parviennent ensemble à tracer leur chemin de vie » Philippe GABERAN, Cent mots pour être éducateur, p143

Le rôle de l’institution selon l’approche systémique

Ana Montiel

Dr Guy AUSLOOS, lors d’une communication présentée à la réunion Genevoise des thérapeutes familiaux organisée par le G.R.I.D.E.F ( groupe de recherche d’information d’études sur la famille, Genève) en décembre 1980, expliquait le rôle selon lui, de l’institution:

« Si, selon l’approche systémique, l’institution ne peut se donner pour projet de « soigner » le patient, elle peut cependant conserver un rôle en se mettant au service de ses finalités individuelles, sans aller à l’encontre de la réalité systémique dans laquelle il vit. C’est un des mérites de Siegi HIRSCH d’avoir souligné cet aspect depuis plusieurs années dans son enseignement et sa pratique.[…]… l’institution a la possibilité de développer les potentialités de l’individu ( corps, intelligence, affects) et donc de favoriser la réalisation de ses projets. Elle peut aussi être le lieu où il peut se retirer, se reposer, prendre de la distance, se donner du temps, et dans ce cas la vieille notion d’asile reprend tout son sens. Enfin elle peut être moyen de séparer les combattants lorsque le conflit devient trop aigu. Il importe cependant que l’institution ne propose pas ce qu’elle ne peut réellement promettre, à savoir une éventuelle guérison.

Cette mise au service des finalités de l’individu ne peut cependant pas se concevoir sans évolution concomitante du système familial, comme nous l’avons montré. Et comment peut on mieux mettre la famille en situation de se modifier? En faisant appel à elle, en reconnaissant son implication, en stimulant sa responsabilité, en reconnaissant sa compétence.

C’est ce que nous avons souvent formulé en disant à peu près ceci aux familles: « ce placement a sûrement dû vous toucher et vous concerne tous. C’est pourquoi nous souhaiterions vous rencontrer, parce que nous savons que c’est vous qui comprenez le mieux la situation. Nous voudrions bénéficier de vos connaissances et de votre compétence parce que sans vous nous ne pourrons rien faire« 

Redéfinir l’institution dans ce sens impose qu’elle redéfinisse également sa pratique. Il est donc necessaire que ce soit dès les premières démarches en vue de l’admission que la famille soit informée qu’elle est directement concernée par le placement.

Un autre formulation du message pourrait être:  » Nous avons la possibilité d’héberger cette personne. Nous savons cependant que son comportement, aussi étrange qu’il puisse paraître, a un sens et que ce sens, il n’y a que vous, sa famille, qui puissiez nous aider à le décoder. sans votre collaboration, nous serions donc dans l’impossibilité de plus que d’assurer une bonne hôtellerie« . Devrait s’ensuivre une négociation sur la possibilité d’accepter un tel contrat: « Pouvez-vous nous assurer de votre collaboration? Sinon nous ne pouvons entrer en matière pour le placement, nous ne serions pas cohérents » […]…

Au premier abord, une telle procédure peut paraître rigide, voire rejetante. Elle nous apparaît pour tant comme le seul moyen cohérent pour établir les conditions nécessaires et suffisantes à ce que le travail avec le patient-désigné et sa famille soit ultérieurement possible. Trop souvent en effet, les familles ont encore la possibilité de placer un de leurs membres comme une valise à la consigne. Et l’institution aurait à répondre, selon la formule de Louis EMERY, directeur de Chevrens: « Nous ne sommes pas une consigne, nous n’acceptons pas les valises« . Une telle attitude permet de définir d’emblée le contexte comme thérapeutique et de revaloriser celui qui se sentait exclu.

D’autre part, situer d’emblée la famille comme collaborateur précieux, voire indispensable, permet d’éviter la traditionnelle escalade symétrique qui accompagne souvent un placement. [où] les représentants de l’institution seront perçus comme les spécialistes qui savent, eux, ce qu’il faut faire. Les conditions sont alors réunies pour que l’escalade commence. Que de fois, lors de synthèses, n’entend on pas critiquer les parents qui n’ont pas su…, la femme qui n’a pas su…, le mari qui aurait dû… et l’on ne se rend pas compte que, ce faisant, on se prépare à relever le défi en annonçant implicement que l’on saura…, que l’on pourra…, que l’on devra…. Les sentiments de toute-puissance institutionnelle sont bien souvent nourris de ces défis. »

La vie, le vécu

Catherina Türk

La vie est une notion simple en apparence seulement. Au XVIIème siècle LOCKE le remarquait: » Il n’y a point de terme plus commun que celui de la vie, et il se trouverait peu de gens qui ne prissent pour un affront qu’on leur demande ce qu’ils entendent par ce mot[…] Cependant il est aisé de voir qu’une idée claire, distincte et déterminée n’accompagne pas toujours l’usage d’un mot aussi connu que celui de vie. »

Je vais retranscrire les propos d’Alex LAINE, docteur en sciences de l’éducation dans son livre « Faire de sa vie une histoire ».

La notion de vie est une notion complexe située au carrefour de plusieurs routes:

la biologie: le Littré définit la vie comme « l’état d’activité de la substance organisée »

la métaphysique: Là où la métaphysique entre en scène, c’est lorsque la réflexion sur la « substance organisée » nous amène à nous poser la question du « premier moteur » de la source qui a insufflé la vie, qui pose la question de ce qui a « animé » la substance. Ces résonnances métaphysiques pose la question de l’origine absolue, celles dont nos parents sont eux mêmes issus, celle qui est source de tout à savoir la question de l’existence d’un Dieu. Cette question de l’origine de tout, est rarement posée explicitement. Elle l’est lorsque la notion de vie est subitement réintroduite lorsque survint l’inévitable de son contraire à savoir la mort.

la psychologie phénoménologique et existentielle: Au regard des notions métaphysique évoquées plus haut, intervient les questionnements et les enjeux existentiels touchant à cette notion de vie et qui va lui donné toute sa rondeur: l’idéalisation, les investissements affectifs, mythiques, et mystiques. La vie est non seulement une réalité mais aussi un mot auquel on tient, un mystère que l’on ne considère pas de manière distanciée comme on le ferait avec une autre notion.

La notion de vie est donc loin d’être transparente.

Si l’on s’en réfère au Littré, la vie est l’espace-temps qui s’écoule entre la naissance et la mort.

Composée d’évènements singuliers, pourrait on rajouter.

De Vécu.

Comme nous l’écrit Alex LAINE, la principale caractéristique de la vie est une masse, diversité d’évènements et d’expériences vécues qui adviennent chaque jour et ne cessent d’augmenter. mais en dehors de leur place dans la chronologie, ces évènements ne dessinent ni ordre logique strict, ni signification claire et rationnelle.

L’évènement, surtout dans sa dimension d’inattendu, de surprise par rapport à l’ordinaire du quotidien n’est jamais, nous dit Alex LAINE, immédiatement intelligible. Pas plus que les sentiments qu’il déclenche. En effet c’est qu’au moment où je vis l’évènement, je ne dispose pas de recul temporel nécessaire pour en apprécier une portée qui par définition, se livre dans le futur.

Ce sont précisément, avec le recul du temps, le récit et surtout l’histoire qui vont faire apparaître le sens et la structure logique de ce qui n’est au départ que désordre pauvre en significations.

D’où l’importance comme nous le dit Alex LAINE, de Faire de notre vie une histoire!

Merci de m’avoir lu.

Virginie

L’art du Journaling ( diarisme) : L’histoire de vie et tenir son journal intime

L’histoire de vie, comme le journal, peuvent être des outils qui permettent de construire des liens entre des choses, des évènements, des concepts. Comme nous le raconte Rémi HESS dans son livre « La pratique du journal, l’enquête au quotidien » ( Ed. Téraèdre): il s’agit de garder une trace de la succession des choses que l’on fait, que l’on vit que l’on découvre…« 

Que pouvons-nous écrire? on n’écrit que ce que l’on vit et ce que l’on ressent. le principal sujet c’est donc la vie, notre vie. Guy de Maupassant dans la préface de « Pierre et Jean » nous déploie son explication très efficace de la vie: La vie, écrit il, est composée des choses les plus différentes, les plus imprévues, les plus contraires, les plus disparates; elle est brutale, sans suite, sans chaîne, pleine de catastrophes inexplicables, illogiques, et contradictoires qui doivent être classées au chapitre des faits divers.[…]… La vie encore laisse tout au même plan, précipite les faits ou les traîne indéfiniment.

Ainsi écrire est un projet d’action émancipatrice.

Plusieurs courants de recherche et de pratique de l’histoire de vie, peuvent être notés:

– Le premier courant correspond à L’association internationale des histoires de vie en formation ( ASIHVIF): Les praticiens et les chercheurs qu’il regroupe, se définissent essentiellement dans leur rapport au champ de la formation, plus particulièrement de la formation pour adultes. Avant d’être institué définitivement par Gaston PINEAU, Pierre DOMINICE, Guy DE VILLERS et Guy JOBERT, le courant de l’histoire de vie a été marqué par deux initiatives individuelles qui les ont précédé:

– En France Henri DESROCHE ( 1914-1994) a crée la démarche de l’autobiographie raisonnée comme méthode d’accouchement ou de maïeutique de projets de recherche portés par des adultes. Alex LAINE , docteur en sciences de l’éducation, dans son livre Faire de sa vie une histoire , nous explique que la méthode de DESROCHE a le souci d’aider celui qui le consulte à identifier le projet qui est le sien et qui est rarement tout à fait clair en son esprit. c’est à cette fin que le porteur du projet est invité à dire et travailler son parcours , ses expériences.

Pour précision la maïeutique est la méthode utilisée par Socrate pour faire accoucher les âmes de ses vis-à-vis des savoirs dont ils étaient porteurs à leur insu , et cela par l’intermédiaire du dialogue et du questionnement socratiques.

– De son côté Gaston PINEAU va axer sa recherche sur la valeur d’autoformation que contiennent la vie quotidienne et l’expérience ordinaire. A savoir que le sujet ne se forme jamais aussi bien et aussi pleinement que lorsque le processus de formation procède d’un projet dont il a lui-même décidé. Elle contient l’idée que plus le sujet a identifié ce qui a été formateur par le passé, plus il est en mesure de se former et de s’autoformer dans le présent et l’avenir. C’est le mélange d’une identification à la fois de ce que j’ai appris et de la manière dont je l’ai appris.

Comme je l’ai écrit plus haut, l’histoire de vie s’inscrit dans le processus de formation pour adultes.

Dans l’ère du « prêt-à-former » que nous traversons, Les histoires de vie sont des cibles privilégiées dans la quête des nouveaux instruments du marché de la formation pour adultes. Alex LAINE invite à ne pas se laisser happer par une approche toute techniciste des histoires de vie. il invite à prendre en compte un certain nombre de précautions et de dispositions méthodologiques et déontologiques. Alex LAINE évoque particulièrement dans la « guidance  » d’histoires de vie à marche forcée avec une démarche que l’on impose aux publics visés sous prétexte que c’est bon pour eux, en ne leur donnant ni la possibilité de refuser de s’y engager, ni la possibilité de négocier les modalités techniques et déontologiques de leur implication.

Ainsi écrire doit rester une proposition et un acte libre , tout comme le choix de partager l’écrit ou pas.

L’acte émancipateur réside dans cette liberté et dans la conscientisation qui en découle. On apprend moins lorsqu’on est guidé, on apprend davantage lorsqu’on est en roues libres et avec un savoir non induit par une autre personne. L’art de la formation et de l’enseignement reste un art complexe. Il reste toujours important de bien choisir son formateur en la matière. Celui qui nous permettra de révéler notre propre savoir et non le sien.

Moins je sais ce dont je suis capable, moins je puis le mettre en œuvre et plus je suis soumis à la représentation dominante du savoir académique. Dès lors, au contraire, que je reconnais la valeurs de mes savoirs et de mes expériences, j’entre dans ce processus d’autoformation que Gaston PINEAU définit comme processus d »appropriation de son pouvoir de formation, mais qui est aussi appropriation de son pouvoir de création et d’autocréation.

Merci de m’avoir lu!

Virginie

Le devenir-minoritaire

interlista de Violeta LOPIZ

La perspective du devenir-minoritaire théorisée par les deux philosophes Gilles DELEUZE et Félix GUATTARI, est l’ensemble des agencements d’énonciations et de dénonciations désirantes, de concepts nomades, d’itinérances aventurières, de lignes de fuites, de fêlure et de rupture, de déterritorialisations institutionnnelles…

Le devenir-minoritaire n’a rien à voir évidemment avec le nombre de gens qui participent à un courant ou adhèrent à un groupe, ni avec les opinions favorables ou défavorables qui les concernent, évaluées par les « sondages » ou les « enquêtes », encore moins avec la « représentativité » mesurée par les hit-parades, les tops cinquantes, les succès de librairie ou autres indicateurs de la popularité et de la communication.

Le devenir-minoritaire concerne la prise de « masse sociale » pour reprendre un concept majeur de Georges DEVEREUX, c’est à dire l’influence réelle exercée par une position théorique, un courant politique ou un individu, influence qui n’est en aucun cas quantifiable, qui ne se mesure donc pas selon le nombre de personnes qu’elle touche, mais qui se réfère à sa puissance effective d’énonciation, à sa valeur d’attraction, à sa capacité d’action »

Source: Penser l’institution avec Georges Lapassade, Dialogues imaginaire avec les théoriciens du mouvement de l’analyse institutionnelle, Remi HESS

L’analyse institutionnelle

« Lorsque nous naissons, nous survenons dans un réseau d’institutions qui sont déjà là, avant notre arrivée sur terre: une répartition de la propriété, l’organisation de la famille, de l’Etat. Si nous naissons en France et que nous héritons de la nationalité française, nous vivons dans un système de normes qui ne sera pas celui d’un enfant venant au monde en Allemagne, en Algérie, en Argentine… Il en est de même pour la famille, le milieu ou la classe sociale ou plus généralement pour l’ensemble du système institutionnel dont nous héritons, la religion en particulier, que nous ne choisissons pas , le plus souvent, mais dont nous héritons du fait de naître ici ou là.

Le mouvement des institutionnalistes nous invite à penser nos affiliations aux institutions et nous disent en mot d’ordre: « analysons nos institutions ».

C’est un mouvement d’analyse critique où la personne naît à elle même. D’objet de l’institution, la personne devient sujet. Car selon les institutionnalistes, l’institution nous aliène. Comment peut donc s’opérer ce travail de désaliénation? On quitte souvent une aliénation pour une autre…Cette conquête de compréhension de ce que recouvre l’institution, n’est donc pas une fin mais plutôt un processus.

L’INSTITUTION est définit comme le produit d’une confrontation permanente entre l’INSTITUé ( ce qui est déjà là, ce qui cherche à se maintenir) et l’INSTITUANT ( forces de subversion, de changement)

L’ANALYSE INSTITUTIONNELLE est un mouvement à la fois pratique, puis théorique dont on peut voir les prémisses en France dans les années 1940 sur le terrain de la psychothérapie et de la psychiatrie et qui continue à se développer aujourd’hui dans de nombreuses directions. . En 1969, à la suite des travaux de CASTORIADIS et de LAPASSADE, René LOURAU élabore l’analyse institutionnelle. Ce courant profite du mouvement de mai 1968 pour s’étendre au delà des frontières françaises vers les pays jeunes ou les pays en mouvement: Allemagne, Portugal, Espagne, Italie, Amérique Latine qui deviennent eux-mêmes producteurs de concepts et d’expériences.

Dans les années 1950, des psychiatres et psychologues ( F. TOSQUELLES, J.OURY, F. GUATTARI) réfléchissent sur le groupe et sur l’établissement comme instances essentielles à travailler pour aider les malades mentaux à se construire une transversalité ( ensemble des appartenances institutionnelles d’un sujet ou d’une institution).

Dans les années 1960, ce mouvement de la psychothérapie institutionnelle s’étend :

– à la pédagogie en rencontrant la pédagogie FREINET ( R. FONVIEILLE, F . OURY)

– à la philosophie ( J-P SARTRE, C. CASTORIADIS)

– et à l’intervention psychosociologique et sociologique ( G. LAPASSADE, R. LOURAU)

L’ANALYSE INSTITUTIONNELLE est à la fois une théorie des groupes, des organisations et des institutions mais aussi une méthode d’intervention et d’analyse à l’intérieur des établissements ( éducation, travail social, entreprises…) L’analyse institutionnelle en situation d’intervention est la SOCIOANALYSE.

– La SOCIOANALYSE est le dispositif d’analyse de la confrontation entre l’instituant et l’institué. G. LAPASSADE et R. LOURAU ont développé cette forme d’intervention dans le social et l’associatif . Sur le terrain de l’action sociale, signalons tout particulièrement les travaux de D. MARTIN et P. ROYER-RASTOL. « 

Les dispositifs déployés pour mettre en place l’analyse sont appelés les DISPOSITIFS ANALYSEURS:

– Il y a par exemple la PSYCHANALYSE: avec notamment l’inconscient collectif et l’inconscient individuel: Qu’est ce qui nous amène en tant qu’individu à nous intégrer à une institution? qu’est ce qui nous amène à en partir? Une piste développée est notre besoin de sécurité face à notre angoisse de mort. Un besoin de s’inscrire dans une continuité dans l’illusion d’une institution ( famille, entreprise, état…) qui nous survivra ect…

– la PSYCHOSOCIOLOGIE issu de la dynamique des groupes de Kurt LEWIN et de J.L MORENO. (je ferai un autre post sur le sujet)

Enfin Il existe de nombreux modes de travails sur le terrain de l’intervention qui dépendent de la position du chercheur . Une des techniques les plus souvent pratiquée dans le cas de l’intervention interne en France est :

-LE JOURNAL INSTITUTIONNEL, outil qui permet de suivre au jour le jour le développement d’un processus d’analyse notamment dans la mise en place d’un « laboratoire d’ethnographie institutionnelle » Par exemple dans le cadre de la mise en place d’une réforme dans une institution comme l’éducation nationale, proposer l’écriture d’un journal institutionnel aux enseignant est un excellent sujet pour un ethnographe. Ou encore dans le cadre d’un travail d’anthropologie institutionnelle, proposer l’outil des « histoires de vie » par le journal autobiographique, comme observation de l’institutionnalisation du sujet. ( Là encore je vais consacrer un post entier à ce sujet du journal car il y a tant à écrire à ce sujet!)

Source: Penser l’institution avec Georges LAPASSADE, Dialogue imaginaire avec les théoriciens du mouvement de l’analyse institutionnelle, Remi HESS

La mort et l’amour sont des champs de forces extrêmes…

Paolo Lim

Je suspends mon vol pour parler un peu d’amour. Oui, j’ai envie. Je voulais vous partager cet extrait du livre de Daniel SIBONY L’entre-deux, l’origine en passage . Daniel SIBONY, philosophe et psychanalyste nous parle d’amour en ces termes

 » Entre un homme et une femme, il y a dans l’amour , l’ajustage impossible et dérisoire, de deux batteries de fantasmes, qui tirent chacune à boulets rouges ou vides, ou qui s’énervent de ne pas tirer à conséquence.

C’est dire qu’il y a autant de folies amoureuses qu’il y a de couplages possibles entre les folies de l’un et de celles de l’autre; entre leurs torsions et rétorsions respectives ; et ces couplages sont de surcroît reproductifs. Ils prolifèrent.

Mais la force de cet entre-deux est de vouloir maintenir ensemble les incompatibles.

Bien sûr ça se séduit, ça s’apelle, ça se fuit, ça se cherche, ça essait de faire mousser la langue du plaisir et le plaisir de la langue…Mais au-delà du plaisir – dernier recours, ultime ancrage, béni comme tel même si c’est un piège d’y rester, au -delà du plaisir à deux qui s’apelle séduction – où l’on veut se plaire au moyen de l’autre- quelque chose de plus sombre, plus proche de l’être et de l’origine, les pousse l’un vers l’autre. Procréer? Non. ils peuvent le faire en passant, comme pour payer leur écot à la nature, à la transmission du vivant; et sans s’en rendre compte, mettre un enfant entre eux-deux; plus tard il secouera l’entre-deux avec la force que l’on sait.

Ce qui les lance l’un vers l’autre est une étrange opération appelée amour: elle tient parfois du rituel, de l’automatisme insconcient, de la geste somnambulique où deux êtres, deux fragments d’êtres, vont l’un vers l’autre pour renouveler, on le verra, une plongée dans l’origine, un curieux baptême dans le mirage de l’origine, sous le signe de l’amour, qui se sert de tout ce qu’il trouve – de la giclée de fantasmes bien ou mal ajustés- pour refaire à neuf cet espace originel, popur sentir les contours d’une mémoire qui naît ou qui renaît, palper un manque à être qui s’éprouve et se surmonte. L’enjeu de l’amour est de faire passer entre deux épreuves même de l’origine.

L’amour est une façon de revivre sa source d’être, de se redonner l’origine de l’état brut, l’inconscient comme tel. Curieusement, les approches de la mort s’y profilent aussi pour certains. la mort comme leçon de vie; elle donne aux simples gestes de l’être leur densité, leur plein non-sens, leur beauté ponctuelle, leur connivence avec l’amour. Ceux qui ont pu traverser une certaine mort sont mûrs pour aimer. Traverser veut dire inscrire: ceux qui ont pu inscrire la mort sont mûrs pour vivre. La mort et l’amour sont des champs de forces extrêmes, seuls capables sans doute d’avérer la vie dans sa donnée absolue, originale »