Deux types d’éducateurs libéraux

Selon moi, il y a aujourd’hui deux types d’éducateurs spécialisés/moniteurs éducateurs se lançant en libéral:

  1. Les éducateurs sortant d’un emploi en institution ( ou pas) pour se lancer en libéral par l’intermédiaire de contrats organisés par une autre institution. Dans ces contrats proposés pour financer l’intervention à domicile, le rôle de l’éducateur est un rôle d’exécutant. Un exécutant éducatif qui est sollicité en dernier lieu pour accomplir le travail sur le terrain mais pas pour élaborer le projet en amont.
  2. Les éducateurs indépendants, eux, construisent leur travail en direct des familles. Du recueil de la demande jusqu’à l’accomplissement du projet, le rôle de l’éducateur revêt un rôle de directeur éducatif. Au sens que cet éducateur valide de lui même le sens à apporter à son action, avec évidemment tout un processus d’entretiens auprès des partenaires, des familles et des personnes accompagnées. Il est en outre, en capacité de faire évoluer le projet selon ses propres valeurs. Cette direction est non moins nuancée par l’expérience, la collaboration avec les acteurs du territoire ainsi que les moyens de supervision ou d’analyse des pratiques professionnelles. Ces éducateurs accomplissement donc un projet global.

La différence entre ces deux types d’éducateur est notable et était pour moi importante d’être décrite dans cet article.

L’exercice de mon métier en indépendant requiert pour moi des impondérables que je vais tenter de lister ici:

  • La rencontre avec la demande du terrain: la demande des familles, la demande d’un résident/patient, la demande d’un partenaire, la demande d’une équipe médicale, d’une équipe pédagogique. Cette demande pour moi est indispensable dans le process du travailleur indépendant. Cela prend la forme d’un entretien au domicile ( souvent complété par un entretien avec les partenaires de la situation). Cet entretien est la première rencontre. Celle de la présentation. La famille dépose les difficultés rencontrées et des éventuels besoins. A cela se pose notre proposition de moyens à mettre en oeuvre. Une proposition souvent spontanée et s’affinant avec le temps. Mais c’est un premier jet. des premiers mots formulés auprès des familles qui permettent à ces dernières de se décider à choisir notre intervention. C’est le début de la confiance accordée.
  • La construction du projet d’intervention arrive en second temps. Passé les premières pistes évoquées lors de l’entretien, se pose de façon plus dessiné, ce qui peut se concrétiser. En repensant aux propos formulés lors de l’entretien, d’autres idées peuvent naitre. Des regroupement avec des situations déjà vécus, des accompagnements similaires ect. Et puis la capacité de créer à partir de l’inconnu.
  • Lors des premières interventions auprès du jeune ou de l’adulte, se créent le lien et le travail éducatif qui en découle. L’aventure de l’accompagnement prend forme et la partie visible de l’iceberg apparait.
  • Les moyens d’accomplissement du projet sont engagés : rencontre partenaires de la situation, contact/échange réseau, point bilan avec la famille, supervision individuelle, formation professionnelle… ect

Ainsi pour moi le travail d’éducateur commence dès l’entretien avec la famille. Il ne saurait se résumer qu’à la partie visible de l’iceberg c’est à dire aux interventions calés dans un agenda prise par des organismes organisant la venue de professionnels au domicile.

Ôter 60% de la mission d’un éducateur spécialisé libéral, c’est bien dommage et c’est surtout bien ignorer ce qui motivent les éducateurs qui se lancent en libéral et qui souhaitent retrouver un sens à leur action. Résumer le travail d’éducateur spécialisé à son rôle d’exécutant c’est sous évaluer notre métier et malheureusement c’est ce qui est proposé dans ce qui aujourd’hui est officialisé par les ARS par l’intermédiaire d’institutions dans chaque région. Ce sont je l’espère des propositions qui évolueront avec le temps car nous sommes aux prémisses de ces organismes. En tout cas, ce sont des propositions qui ne peuvent pas satisfaire les éducateurs qui réalisent leur métier à 100%.

Virginie

Un commentaire sur « Deux types d’éducateurs libéraux »

  1. Bonsoir je suis éducatrice spécialisée en institution et en libéral. Dans ma partie indépendante j’interviens auprès de particuliers employeurs mais aussi auprès du PCPE de mon département. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le résumé du travail auprès des organismes financés par l’ARS.
    Dans mon partenariat avec le PCPE je rencontre la famille après une première évaluation de l’educ coordinatrice, nous échangeons avec les parents sur les besoins et attentes pour leur enfant, nous formulons des hypothèses de travail selon les compétences et capacités de chaque pro libéraux et commençons le travail auprès du jeune. Ensuite s’affinent les liens et en découlent une readaptation des objectifs…
    Je trouve cela un peu « réducteur » de ne pas imaginer que nous pouvons réinventer notre travail justement en lien avec certains fonctionnements institutionnels tout en le réalisant avec cette envie et appétence propre au travail indépendant….
    Ceci n’est pas une critique mais bien un échange entre pro qui aiment leur travail et encore plus sortir de leur zone de confiance

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